ACTUALITES DE LA CLIMATOLOGIE
| " La force dévastatrice
des anticyclones" |
B. Labasse et V. Foechterlé,
in Science et Vie,
n°
979, 68-73 |
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| Décembre 2001- mars 2002 : article |
" Les climats subtropicaux dits "méditerranéens"
et les climats de la Méditerranée" |
M. Leroux,
in L'Information
Géographique,
1ère partie : vol. 65 - n° 4, 2001 (304-320) ; 2ème partie
: vol. 66 - n° 1, 2002 (34-52) |
| " Global Warming : mythe ou réalité ?"
|
M. Leroux, in Annales de Géographie, n°
624, 115-137 |
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| " La galerne du golfe de Gascogne" |
M. Leroux,
Commentaire envoyé à La Météorologie (voir L'AMP
et " la météo" : LA GALERNE) |
|
| entretien
sur le " changement climatique" |
M. Leroux / Entreprise Rhône-Alpes (Didier Durand) |
|
| réflexions sur
la prévision / prévention
|
M. Leroux : lettre adressée à des médias après la non-prévision des chutes de neige en plaine des 4 et 5 janvier 2003 |
|
| Avril
2003 : article |
" Réchauffement global :
une imposture scientifique !" |
M.
Leroux, in Fusion. La science,
passionnément ! n° 95, 36-58 |
| Mai
2003 : exposé
|
" Global
warming et medias" : un exemple de désinformation |
Pierre
Kohler - Séminaire " Risques
et climat", LCRE/CNRS,
Univ. J. Moulin, Lyon |
| Mai 2003 : article |
" Global
Warming : myth or reality ?" |
M. Leroux, in
Energy and Environment, n° 14 (2 & 3), 297-322 |
" La cause réelle de la
canicule"
|
M . Leroux et A. Pommier :
Dossier d'information adressé à des médias |
|
| Commentaire sur
" un chapeau d'air chaud ."
|
M.
Leroux : lettre adressée au journal Le Monde à propos des " explications"
de la canicule par
Météo-France (03-09-03, C. Galus) |
|
| Octobre 2003 :
conférence |
" Les échelles
spatiales et temporelles des précipitations : l'exemple de la France" |
M. Leroux ,
Festival International de la Géographie |
| N° 18 - octobre 2004Agriculture & Environnement | Le réchauffement climatique est un mythe ! |
Marcel Leroux |
| Aout 2005 : ouvrage | Global Warming - Myth or Reality: The Erring Ways of Climatology résumé | Marcel Leroux |
| Fall 2005 21st Century | There’s No Global Warming, Because There’s No Global Climate |
Marcel Leroux |
| FUSION N°95 - Mars - Avril2005 | Réchauffement climatique Mythes et réalités |
Emmanuel Grenier |
http://www.cneenvironment.org/blog_archive/ |
There is no Global Warming | Edgar Gärtner |
| Article publié par Les Echos le 31 octobre 2006 | Claude Allègre contre l'écologiquement correct | Xavier Méra |
| Importance of the Stockholm Climate Meeting,September 11/12, 2006 | “Global Warming - Scientific Controversies in Climate Variability” | Hans Jelbring Ph.D. Climatology, Stockholm University M.Sc. Royal Institute of Technology, Stockholm |
The ipcc and a french climate skeptic |
Hans H.J. Labohm |
|
| Valeurs Actuelles n° 3661 paru le 26 Janvier 2007 | Le climat en question : Sommes-nous vraiment responsables du réchauffement? |
François Mavel |
| Février 2007- article envoyé pour publication au journal Le Monde | Climat : si on arrêtait de tout mélanger pour travailler sérieusement ? | Marcel Leroux – Professeur Emérite |
| Les échanges méridiens commandent les changements climatiques | Académie des Sciences, Paris. Séminaire de Travail : Evolution du Climat - Marcel Leroux | |
Avril 1999 :
article " La force dévastatrice
des anticyclones"
B. Labasse et V. Foechterlé, in Science et Vie, n° 979, 68-73
(note
du LCRE : article sur les Anticyclones Mobiles Polaires)
M. Leroux, in L'Information Géographique,
- 1ère partie : vol. 65-4, 2001 (304-320)
- 2ème partie : vol. 66-1, 2002 (34-52)
Avril
2002 : article : " Global
Warming : mythe ou réalité ?"
M. Leroux,
in Annales de Géographie,
n° 624, 115-137
M.
Leroux, Commentaire envoyé
à La Météorologie
(voir L'AMP et " la
météo" : LA GALERNE)
COMMENTAIRE sur " La galerne du Golfe
de Gascogne "
de E. Arasti, P. David, J.S.M. Gonzalez et C. Deyts
(La Météorologie, 8ème série n° 37, mai 2002, 35-45)
par Marcel Leroux, Professeur, Directeur
du LCRE :
Laboratoire de Climatologie, Risques, Environnement
UMR 5600 du CNRS, 18, rue Chevreul, 69362 Lyon cedex 07
e-mail
: leroux@univ-lyon3.fr
L'article de Arasti et al. a le mérite d'attirer l'attention sur un phénomène météorologique particulièrement violent et dangereux dans le golfe de Gascogne et sur son pourtour. Sont ainsi précisés les caractères et la climatologie succincte des galernes, tandis qu'une situation (celle du 25 juillet 1995) est présentée en exemple. Mais cet article manque singulièrement de perspective, n'offrant qu'une vision très partielle du phénomène, le facteur local étant exagérément amplifié, comme en témoigne notamment la figure 6, tandis que la cause première (lointaine) du déclenchement de la perturbation n'est pas individualisée.
Le terme galerne, issu du vocabulaire marin (du breton : gwalarn qui signifie nord-ouest ou noroât) est utilisé en France et précise la direction du "coup de vent". Il est aussi transformé en galerna sur le littoral espagnol bien que d'autres termes locaux (p. 36) soient préférés, décrivant plutôt une des caractéristiques du temps associé à ce phénomène.
Sur la côte cantabrique existe une véritable "culture du vent" (J.C. Garcia Codron, comm. pers.). Le terme sur (sud) désigne le courant qui dévale du relief vers la côte (effet foehn), à l'avant des "perturbations atlantiques", attiré vers le nord par la dépression qui précède le front, son intervention provoquant un saut de température de 8 à 15 °C et une baisse d'humidité de 30 à 40 % en moyenne, en une ou deux heures. Le sur , appelé aussi ha•ze hegoa au Pays Basque, ou vent d'Espagne, le célèbre "vent qui vient à travers la montagne" (qui, dit-on, rend fou), ressemble ainsi au chergui du Maroc atlantique, au chhili (scirocco ) au pied méditerranéen de l'Atlas, ou au bergwind d'Afrique australe (les exemples de "foehns" littoraux sont très nombreux). Le terme gallego (galicien ou vent de Galice, d'ouest à nord-ouest) suit le passage des perturbations d'ouest accompagnées de tempêtes et de pluies et traduit l'invasion d'air polaire. La galerna associe le flux de sud et le flux de nord, de part et d'autre du front (d'où l'appellation de "galerne frontale"), mais la perturbation, qui n'est pas différente dans sa nature du passage d'un front, l'est dans son intensité, et elle est plus concentrée dans le temps et dans l'espace.
Les caractéristiques d'une galerne, telles qu'elles sont notamment rappelées dans l'article, sont :
- "phénomène de basses couches" (p. 40), affectant principalement les 1 500 premiers mètres,
- "rotation brutale du vent" et renforcement (p. 38), un coup de vent brutal et violent accompagne le renversement du vent en surface, du sud (chaud) à l'ouest ou au nord-ouest (froid), les flux étant séparés par une discontinuité,
- accroissement de la nébulosité et pluies (brutales) éventuelles, le flux de sud n'ayant d'abord qu'un potentiel précipitable limité,
- chute brutale de la température, et hausse de pression, après le passage de la perturbation,
- déplacement -rapide- d'ouest en est, avec ralentissement et atténuation des phénomènes associés vers le nord et vers l'est en pénétrant sur le bassin aquitain.
La situation -à l'échelle locale- est donc claire, à la lumière de nombreux cas analysés par ailleurs.
L'interprétation qui en est donnée dans l'article est par contre entachée d'incohérences (inattendues lorsqu'il s'agit de principes physiques élémentaires). Soulignons les principales :
- Courant de densité ? : La galerne serait : "un courant de densité ... engendré par l'interaction de conditions synoptiques particulières avec le relief et les contrastes thermiques du sol. Ce courant de densité est une masse d'air frais, donc relativement dense, qui déferle le long du relief ..." (p. 38). Les "conditions synoptiques particulières" ne sont pas précisées, notamment sur la figure 6 limitée à l'échelon local. La galerne est ici assimilée à un vent catabatique, donc à une sorte de bora, invasion puissante d'air froid qui nécessite un abondant réservoir d'air froid en amont (indigène ou le plus souvent advecté) que les Monts Cantabriques (et moins encore la Meseta isolée du rivage par les cordillères cantabrique et ibérique), peu élevés et peu étendus, sont incapables de fournir, sauf sous la forme limitée d'une brise de montagne momentanée (rappelons le caractère pelliculaire de la perturbation, inférieure à 1 500 m). Les figures 2 et 3 (p. 37) montrent par ailleurs que la galerne se produit vers 15 heures, en été ! D'où viendrait alors l'air froid ? (la question n'est pas posée). Dans l'exemple étudié et à l'heure considérée le présumé "courant" serait d'ailleurs à contre-courant de la brise de mer ... brise qui ne pourrait s'établir qu'en dehors de l'intervention d'un phénomène d'échelle supérieure : quel est alors ce phénomène ? Est-il encore nécessaire de rappeler qu'un flux descendant (surtout s'il "déferle") se réchauffe (il ne peut donc pas être "frais") et il est par conséquent léger (et ne peut donc pas être"dense") ?
- Déplacement d'ouest en est ? : "La baisse de pression sur l'est ... doit également contribuer à provoquer au niveau du sol un vent d'ouest .." (p. 39). Mais pour quelle raison physique y-a-t-il "baisse de pression" ? ... à l'est ? Et pourquoi est-elle mobile ? Cette baisse est-elle une cause ou une conséquence d'un facteur qui n'est pas individualisé ? La figure 6 suggère que l'air descendant atteint le pied du relief et s'intercale entre celui-ci et l'air atlantique frais ... Deux questions se posent alors : - 1. si l'air était "vraiment" froid et dense (cf. "masse d'air frais", p. 38 ligne 32, et "effet de foehn sous le vent", p. 39 ligne 5), il s'étalerait sur l'océan à partir des Monts Cantabriques (affaiblis à l'est par l'ensellement basque) et provoquerait un front le long duquel serait soulevé l'air marin, qui se propagerait vers le nord, vers l'est, mais aussi vers l'ouest ... - 2. si l'air est chaud, il ne peut alors atteindre le niveau surface et demeure au-dessus de l'air atlantique plus frais ... L'origine de la baisse de pression au sol n'est donc pas précisée (elle ne peut pas être d'origine thermique sur l'océan) et aucune réponse n'est donc donnée sur les raisons du déplacement d'ouest en est.
- Discontinuité de vent ? : Une différenciation est faite entre la "galerne frontale" et la "galerne typique", qui "ne peut pas être associée à un passage de front" (p. 38). Cette distinction est-elle fondée, et à quoi est donc associée la discontinuité (mobile) de vent ? Même si on l'appelle "microfront" (p. 40), n'est-ce pas toujours un "front" ?
- Une inversion ? : La figure 6 évoque l'existence d'une "inversion" : quelle est la nature de cette inversion ? Quelle en est l'origine réelle (une stratification ?) ? Existe-t-elle en mer, et peut-elle suivre la pente du relief ?
Ainsi, "l'explication scientifique avancée pour la genèse de la galerne" (p. 46) apparaât totalement illogique, non conforme aux principes physiques élémentaires, et "l'utilisation d'un modèle numérique" (p. 45) fondé sur une argumentation aussi incohérente a très peu de chance d'aboutir.
L'observation des phénomènes au moyen des cartes synoptiques et des clichés satellitaux met en évidence la spécificité du temps dans le Golfe de Gascogne caractérisée par :
La géographie : L'alignement Cantabriques-Pyrénées, affaibli dans l'ensellement du Pays Basque, est grossièrement orienté ouest-est. Moins élevée à l'ouest qu'à l'est dans les Pyrénées, dorsale orographique prolongée par la chaâne Celtibérique isole du Golfe de Gascogne et de l'Aquitaine la Meseta (plateau) et la dépression ibérique (vallée de l'Ebre). En dépit de sa relative modestie l'altitude est dans la majorité des cas supérieure à l'épaisseur des AMP (de l'ordre de 1 000 à 1 500 mètres) et forme ainsi une barrière (quasi) continue que l'air froid ne peut franchir.
- La dynamique aérologique : Les AMP (Anticyclones Mobiles Polaires) parviennent dans le Golfe de Gascogne en suivant deux trajectoires principales, d'ouest ou de nord. Dans les deux cas l'air froid, dense, ne peut que contourner le relief vers le sud, par l'ouest ou par l'est.
Toutefois, lors du passage au niveau du Pays Basque, lorsque l'AMP est de forte épaisseur (généralement en hiver), la partie supérieure de l'AMP (supérieure à 1 000 mètres) se déverse dans la vallée de l'Ebre pour alimenter le puissant cierzo. Les modalités de l'interférence entre l'AMP et le relief déterminent la part plus ou moins importante de l'AMP qui est, soit contenue au nord de l'alignement sur le Golfe en direction de l'Aquitaine, puis vers la Méditerranée, soit déviée sur l'Atlantique, ou sur l'ouest de la péninsule (dont l'accès est malaisé en raison de l'altitude). Un tel exemple de coupure des AMP est offert par le plateau sud-africain ourlé par le Grand Escarpement qui répartit l'écoulement de l'air froid dans les basses couches entre les océans Atlantique et Indien.
* La trajectoire américano-atlantique des AMP, la plus fréquente, de direction générale zonale, est grossièrement de même orientation que la dorsale orographique : la face avant de l'AMP (front) glisse ainsi relativement aisément vers l'est, faisant alterner baisse de pression et attraction du flux de sud (sur) et hausse de pression accompagnant le flux d'ouest (galleco). Tel a été le cas le 25 juillet 1995 : la "galerne typique", réputée sans front (p. 40), est incontestablement associée à la face avant (front) de la partie nord d'un AMP, qu'on suit aisément à travers l'Atlantique les 23 et 24 (cf. BME) et qui est découpé par le relief galicien le 25 au matin ; le front de ce fragment d'AMP traverse tout le Golfe au cours de la journée du 25, il se trouve sur l'Aquitaine en fin de journée, tandis que l'air qui le propulse vers l'est atteint la Méditerranée dans la journée du 26. La rapidité du déplacement de la face avant de l'AMP (front), canalisée au pied du relief, est une caractéristique de cette perturbation. La galerne du 13 mai 2002 est exactement du même type, associée à un AMP de trajectoire identique, mais plus étendu, une part plus importante de l'AMP étant retenue au nord du relief, ce qui explique que "l'extension du phénomène" vers le nord sur la côte française ait été jugée "extrêmement rare" (cf. site Météo-France).
* La trajectoire scandinave (méridienne directe), moins fréquente mais plus puissante (AMP plus récent), heurte de plein fouet la dorsale qui divise en deux branches et dévie l'écoulement de l'air polaire vers l'Atlantique et vers l'Aquitaine. Une divergence marquée se situe alors au voisinage du cap Pe–as, entre les deux branches d'air polaire. L'interférence avec le relief est ici plus brutale, les flux sont accélérés et les phénomènes associés sont plus intenses.
Ainsi, comme la grande majorité des phénomènes météorologiques de nos latitudes, la galerne n'est pas d'origine locale, mais elle résulte de l'interférence entre des facteurs géographiques régionaux voire locaux, et des facteurs aérologiques d'une toute autre échelle, d'origine lointaine, associés à la dynamique des Anticyclones Mobiles Polaires (AMP). Le passage de la face avant de l'AMP (ou d'un fragment) explique le caractère pelliculaire de l'air froid et du front, l'existence de l'inversion qui correspond au sommet de l'AMP, la grande mobilité, les variations rapides de température, d'humidité, de pression, de direction du vent, de mouvements verticaux, voire de nébulosité et de pluie. Phénomène dangereux aux conséquences souvent dramatiques, il est éminemment souhaitable de la prévoir. Mais ce n'est pas en prétendant "qu'une prévision immédiate des galernes est maintenant possible" (p. 35), alors que "la situation synoptique favorable" n'est même pas encore identifiée dans l'article, et surtout pas en espérant que la solution "sortira" d'un "modèle numérique" (p. 45) fondé sur des concepts erronés, que des catastrophes nouvelles pourront être évitées.
Juillet
2002 : entretien sur le " changement climatique"
M. Leroux / Entreprise Rhône-Alpes (Didier Durand)
M. Leroux : lettre adressée à des médias après la non-prévisiondes chutes de neige en plaine des 4 et 5 janvier 2003
LABORATOIRE DE
CLIMATOLOGIE
U.M.R. 5600 du
C.N.R.S.
Climatologie - Changements Climatiques
Professeur Marcel LEROUX, Directeur du LCRE
Full Member of the
American Meteorological Society
Membre de la Société Météorologique
de France
Lyon, 6 janvier 2003
Monsieur ..
Monsieur le ...
Le Gouvernement vient de confier à une Commission la charge d'enquêter sur les dysfonctionnements observés lors des chutes de neige des samedi 4 et dimanche 5 janvier 2003 sur la partie nord de la France et notamment sur la région parisienne, chutes de neige qui ont en particulier paralysé la circulation autoroutière et désorganisé la circulation aérienne.
A l'amont de toutes les décisions, une procédure d'alerte-météo devrait permettre, si elle était correctement conduite, de donner "du temps" aux responsables pour anticiper les événements et leurs conséquences éventuelles, tandis qu'une appréciation correcte de l'intensité des phénomènes permettrait de prendre l'exacte mesure des dispositions à envisager. Mais une prévision, qui annonce "des pluies" ou "des chutes de neige" sans préjuger de leur importance, et surtout une prévision / alerte qui est proclamée lorsque le phénomène météorologique est déjà déclenché, ne mérite pas vraiment le qualificatif de prévision. La prétendue "alerte", tardive, dépassée et devenue inutile, n'a donc aucune chance d'être efficace ...
Des exemples de ce type ne manquent malheureusement pas. Tel a déjà été le cas très récemment lors des pluies torrentielles sur le Gard des 7 et 8 septembre 2002 : l'alerte orange n'a été déclenchée que 12 heures avant, et l'alerte rouge quand le déluge avait déjà commencé. Par contre, le 12 septembre 2002, Météo-France a lancé une nouvelle procédure d'alerte, totalement inutile (il a plu, simplement) ... mais cette fois, après un "ratage" l'institution n'ouvrait le parapluie que pour elle-même, pour "se couvrir au cas où"...! Que dire encore, le 13 novembre 2002, de la destruction de la flotte des multicoques de la Course du Rhum ! Le départ de cette course aurait dž être reporté, si Météo-France avait lancé une alerte sérieuse en identifiant avant son arrivée sur l'Atlantique le responsable de la tempête (pourtant très facilement identifiable) ... La liste est longue des phénomènes météorologiques aux conséquences souvent dramatiques, phénomènes qui n'ont pas été prévus par Météo-France, ou avec un délai trop court pour que l'on parle de prévision réelle. Tel fut encore le cas, à nouveau, les 4 et 5 janvier derniers.
Prévoir du mauvais temps avec 24 heures d'avance ne relève pas de l'exploit depuis bien longtemps, c'est même très banal, à tous points de vue. N'importe quel paysan parce qu'il est au contact direct de la nature est capable, et c'est une nécessité vitale pour ses travaux et ses récoltes, de prévoir sans se tromper le temps du lendemain, gr‰ce à des recettes empiriques et à une observation attentive "du ciel". Comment se fait-il alors qu'un service météorologique de la taille de Météo-France, avec les énormes moyens sophistiqués d'observation et de calcul dont il dispose et les sommes astronomiques qu'il dépense, ne soit pas capable de faire mieux ... que d'annoncer un phénomène lorsque celui-ci a déjà commencé, et au lieu de l'anticiper en est réduit à "courir après", et à modifier -avec retard- ses prétendues "prévisions" en fonction de l'évolution de l'événement ? C'est ce que Météo-France sur son site appelle "recaler en temps réel une prévision" (sic) : ce qui ne dépasse pas le stade de la description, a posteriori !
Le site de Météo-France affirme, sans vergogne, que tout avait été "prévu 3 jours à l'avance" ! Bravo ! Mais l'alerte n'a été déclenchée que le samedi à 12 h 30 ... (et reçue à 14 h par les services concernés) c'est-à-dire quand tout était déjà bloqué. Quel superbe motif d'"autosatisfaction" ! Quant à prévoir, "ceci a bien été prévu ... dès la mi-journée du samedi" , que le froid allait provoquer "un regel de la neige" (site MF), cela relève évidemment de la très haute physique ! C'est simplement indécent !
Les nombreuses déclarations aux médias par les responsables ou les "prévi" de Météo-France ont essayé d'apporter des réponses (c'est-à-dire en réalité des excuses) à ce nouveau ratage. Ainsi par exemple :
- "le froid est arrivé plus vite qu'on ne le pensait" : il était pourtant possible gr‰ce au satellite et aux cartes synoptiques de suivre la "descente" de l'air froid arctique repoussant vers le sud un front froid, situé sur l'Islande le 1er à 00 h, sur l'Ecosse le 2 à 00 h, sur l'Angleterre le 3 à 00 h, sur le Nord de la France le 4 à 00 h, front froid s'étirant alors de la Bretagne à l'Allemagne, et au-delà (pour un "phénomène de petite échelle" (cf. site MF) c'est plutôt réussi !).
- "les services de Météo-France ont été surpris par l'amplitude de la chute des températures" : il aurait suffi de suivre l'évolution de la température de cet air froid en cours de trajectoire avant son arrivée sur la France. Il suffisait aussi d'observer les vagues de froid dramatiques au cours des semaines précédentes sur l'Europe Centrale, ou plus précisément la veille, le vendredi 3 sur la Pologne avec des températures de l'ordre de moins 15 °C.
- "nos trois modèles numériques de prévision étaient en désaccord" : voici donc désigné "le coupable", par le directeur de Météo-France lui-même, c'est l'ordinateur (c'est le type de réponse qu'on peut entendre aux guichets d'une banale administration : c'est toujours la faute de l'ordinateur !). Mais attention, il ne peut s'agir d'une erreur du modèle français, car "nous avons fait confiance au modèle européen" ... C'est, simplement, pitoyable !
Mais rien n'est dit sur ce qu'il y a "dans" les ordinateurs, autrement dit rien sur les capacités réelles des modèles de prévision numérique, dont l'impéritie est pourtant flagrante. Et comme d'habitude, après chaque catastrophe, et elles sont -comme les victimes- nombreuses depuis dix ans, la conclusion est qu'il n'y a rien d'autre à faire ... que de persister dans l'erreur et d'attendre l'arrivée de la nouvelle super-machine magique (pour laquelle il faudra encore faire un très gros chèque en blanc), machine qui réalisera le miracle tant attendu, qui tarde à venir et qui laisse encore pour longtemps la possibilité de "réussir", en toute impunité, de nouveaux ratages ! Cette fois-ci, l'échéance est fixée à 2008 ...
G. Dady, ancien Directeur de l'Ecole Nationale de la Météorologie et initiateur de la prévision numérique à Météo-France, juge sévèrement l'impérialisme de la modélisation : "la dérive réductionniste ... est non seulement dangereuse parce qu'elle interprète mal la réalité mais, en plus, elle est totalitaire" (in Le Monde, 24 fév. 1995). Faute de connaissance des processus réels de déclenchement des perturbations, notamment dans les moyennes latitudes, les modèles sont bien incapables de prévoir l'évolution du temps, et sur ce point ils ne sont pas "en désaccord", puisque ce n'est pas un modèle qui s'est "planté", mais trois ! Le corps de doctrine utilisé (qui privilégie les ondulations d'ouest d'altitude) est en outre inapte à voir naâtre et arriver sur la France un phénomène de direction nord-sud, qui "passe" carrément à travers les mailles du modèle. Or ce sont pourtant ces "descentes froides", ou ces "anticyclones mobiles polaires" (AMP) de direction méridienne (trajectoire scandinave), qui sont responsables des vagues de froid (comme la présente) et des phénomènes météorologiques les plus intenses (comme à Vaison-la-Romaine en 1992, ou lors des inondations de l'Aude en 1999, ou dans le Gard en 2002).
Mais cela n'empêche pas la modélisation d'imposer son "totalitarisme scientifique" : hors des modèles pas de salut, même si ces modèles ne sont pas encore prêts, comme le montre la médiocrité de leurs résultats aussi bien dans la prévision du temps à court terme, que dans la prédiction climatique à moyen terme. Mais, en dépit des catastrophes successives et des victimes beaucoup trop nombreuses, les modélisateurs sont persuadés d'avoir raison, et il est toujours hors de question de remettre en cause les "bons vieux" concepts et les méthodes inefficientes, et d'observer la réalité de manière attentive.
Les derniers événements météorologiques sur la France, comme bien d'autres auparavant sans plus de résultat, posent donc le problème de la démarche à suivre, statisticienne et probabiliste d'un côté, ou déterministe de l'autre. Les modèles de prévision sont fondés sur la première démarche, et l'observation comme la "compréhension" des phénomènes ne sont pas, dans ce cas, a priori indispensables. Mais la statistique et les probabilités ne donnent de "bons" résultats ... que lorsque le déroulement des processus ne sort pas de la "normale", autrement dit ne dévie pas des processus "moyens", c'est-à-dire finalement lorsqu'il n'y a rien ... d'inattendu ... à prévoir. "Les limites de la prévisibilité" (cf. site MF) sont donc très rapidement atteintes avec cette méthode " à l'aveuglette".
Mais le temps dépend sous nos latitudes, non d'abstractions issues de calculs, mais d'acteurs nettement identifiés, les AMP : Anticyclones Mobiles Polaires, qui créent des temps particuliers à chaque AMP et à chaque stade de son évolution, en fonction de ses potentialités initiales et acquises et des circonstances variables rencontrées en cours de route. La démarche déterministe, c'est-à-dire l'attribution d'un temps spécifique à un responsable déterminé, est par conséquent la plus appropriée pour parvenir à des prévisions efficaces. Mais cela suppose une connaissance approfondie des phénomènes, une identification des facteurs responsables, et leur intégration véritable dans les modèles. Cela suppose aussi une observation attentive, suivie et directe, et présuppose une remise en question fondamentale des concepts météorologiques classiques entre lesquels une synthèse est impossible (depuis 50 ans), et des méthodes actuelles de prévision dont l'inefficacité est flagrante, précisément dans les situations paroxysmiques pour lesquelles ce besoin est maximal.
La t‰che est donc grande pour l'institution météorologique, astreinte à une obligation de résultats, conformément à sa mission de service public. Mais en dépit des ratages répétés, devenus proverbiaux, sa situation reste éminemment confortable : elle est à la fois juge et partie (comme devant la présente Commission d'enquête à qui elle peut dire n'importe quoi sans craindre d'être déjugée), et elle bénéficie d'une immunité / impunité qui lui permet d'entretenir dans la routine un rapport qualité / prix particulièrement médiocre...
Autre chose, de différent mais de complémentaire : quand on constate les réactions, douloureuses, à cette vague de froid, on se demande pourquoi "l'opinion" est si effrayée par la perspective d'une "vague de chaleur", annoncée par tous les modèles (dits "climatiques") ... Que l'on pense à la réaction de la majorité des médias il y a juste une semaine, lorsqu'il faisait si "chaud" (disait-on) : on oubliait alors -bizarrement- de parler des dramatiques vagues de froid sur l'Amérique du Nord, sur l'Europe centrale (Pologne, Roumanie) jusqu'à la Turquie, et sur l'Asie orientale ... Mais au fait, cette fameuse "évolution climatique" n'est-elle pas annoncée par des modèles qui démontrent eux-mêmes qu'ils sont incapables d'annoncer quoi ce soit, et qui donnent plutôt l'impression d'être encore des avatars de la "machine à fabriquer le temps" d'une célèbre bande dessinée ?
Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez, Monsieur le ..., publier dans vos colonnes, tout ou partie des remarques ci-dessus. Il est en effet temps de réagir contre l'inertie et la prétendue "fatalité". Je vous en remercie très vivement.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le ..., l'expression de mes sentiments distingués.
Pr. M. Leroux
UNIVERSITE JEAN MOULIN -
18, rue Chevreul - B.P. 0638 -
69239 LYON cedex 02
Téléphone : 04 78 78
44 03 - Télécopie : 04 78 78 71 85
- E mail : leroux@univ-lyon3.fr
Avril
2003 : article :
M. Leroux, in Fusion. La science,
passionnément !, n° 95, 36-58
Mai
2003 : Exposé de Pierre Kohler
" Global warming et medias" :
un exemple de désinformation
séminaire : " Risques et climat", LCRE/CNRS, Univ. J. Moulin, Lyon
EXPOSE UNIVERSITE LYON III (14 mai 2003)
Ancien astrophysicien du CNRS
" GLOBAL
WARMING ET MEDIAS" : un exemple de désinformation
Introduction
La présentation des faits concernant le réchauffement climatique, dans la presse, est sujette à critique. Chaque évènement météorologique un tant soit peu excessif (forte sécheresse, inondation, déficit de neige durant les sports d'hiver, tempête ou cyclone particulièrement violents, etc...) est présenté non en tant qu'évènement d'actualité mais comme un élément venant à l'appui de la thèse d'un réchauffement climatique dž à l'homme, et " dont les effets se font déjà sentir"...
Pour bien
comprendre comment ce message est insidieusement distillé au fil de
l'actualité, il est important de rappeler comment fonctionne la Presse
en matière d'informations scientifiques.
- Il y a
d'une part les évènements qui s'imposent d'eux-mêmes (éruption
volcanique, séisme, éclipse, lancement d'une sonde spatiale,
etc...) et ceux qui sont "provoqués". Dans
le premier cas le traitement médiatique est généralement
objectif, car il se limite au fait lui-même. Dans le second cas
il s'agit d'une information communiquée à la Presse par un organisme
scientifique (ou un chercheur individuel), pour "créer" l'évènement:
soit pour faire valoir une recherche personnelle (méthode de plus en
plus utilisée par les chercheurs américains avant parution d'un
papier dans une revue de référence), soit dans le cadre d'une
campagne de sensibilisation sur un sujet (généralement avant
la présentation d'un projet de recherche par un laboratoire cherchant
des financements)
Il suffit
pour cela d'organiser un voyage de presse destiné à présenter
aux journalistes un site intéressant (par exemple campagne de ballons-sondes
à Kiruna pour l'étude de l'ozone arctique), ou simplement d'un
déjeuner réunissant un groupe de chercheurs ou de personnalités
du domaine en question.
Certaines
associations pseudo-scientifiques (ex. la CRIIRAD
dans le domaine du nucléaire) se contentent de publier des communiqués
ciblés vers les médias, à commencer par les agences de
presse (AFP en France). D'une part, ces communiqués sont fort bien
conçus (clairs et courts), donc facilement utilisables, et sont assurés
d'être repris tels quels par les journalistes toujours pressés
par le temps. Ils seront, statistiquement parlant, largement diffusés, de sorte que les médias
qui ne l'auront pas repris seront contraints de le faire peu après,
en raison de cette nouvelle tendance qui consiste pour les différents
supports de presse à se copier les uns les autres. La méthode
est parfaitement rôdée mais tendancieuse. En effet, une
information unique et de faible importance sera largement reprise - sans compter
parfois une certaine surenchère entre médias - donnant de ce
fait l'impression qu'il s'agit d'un évènement ou d'une "affaire"
importants. C'est ce que le public en retient.
Dans le cas
précis du réchauffement climatique l'IPCC
(GIEC), mais également la Nasa, le Hadley Center
en Grande Bretagne, l'OMM à Genève, et bien dautres,
publient fréquemment, chacun pour leur part, des communiqués
indiquant que l'année écoulée fut la plus chaude du siècle,
que des inondations catastrophiques se sont produites en Asie, que certains
oiseaux migrent plusieurs jours plus tôt que d'habitude, etc...
Or l'accumulation de ces informations, et la mise en avant médiatique
qui en est faite, laisse dans l'opinion publique l'impression "subliminale"
que le climat - que personne ne différencie du temps-météo
- est détraqué. Les commentaires partisans (le plus souvent
par ignorance du journaliste, dont ce n'est pas la spécialité)
renforcent cette impression.
Résultat:
le mythe du réchauffement s'auto-renforce
à partir d'une source unique (phénomène de psittacisme,
souligné par le Pr. Marcel Leroux)
La force
de l'image, en télévision, a par ailleurs une importance non
négligeable. Le plus grave est que de nombreux reportages font
s'exprimer des spécialistes dont les propos sont (au montage) sortis
de leur contexte ou associés à des images sans rapport avec
le propos. Il faut rappeler à ce sujet qu'un reportage n'est pas soumis
aux mêmes règles qu'un article scientifique, car il n'a pas à
subir le jugement des spécialistes ou des pairs. Et un chercheur qui
estime que ses propos n'ont pas été correctement illustrés
ou présentés ne peut demander de droit de réponse (sauf
s'il est atteint dans sa personne, ce qui est rarement le cas)
Signalons
également que les rédacteurs en chef imposent au journaliste-reporter
de traiter un angle pré-défini, décidé
en conférence de rédaction. Exemple anecdotique: le journaliste
de télévision Michel Chevalet, qui à la demande de la
présentatrice Claire Chazal s'est rendu avec
une équipe de tournage dans les Alpes, afin de filmer "des glaciers
qui fondent", pour illustrer le réchauffement climatique. Le glaciologue
Robert Vivian, qui l'a reçu, l'a convaincu de montrer tous les types
de glaciers: ceux qui reculent et ceux qui avancent. Mais au final seuls les premiers ont été présentés
à l'antenne. Qu'en conclura le télespectateur
?
La Presse
d'actualité n'a donc pas pour rôle de présenter les thèses
en présence dans un débat scientifique, mais de traiter les
faits ponctuellement, comme s'ils étaient uniques, isolés de
leur contexte. A la décharge des Médias, il faut bien dire qu'on
ne peut, en 1 à 2 minutes, présenter tous les tenants et aboutissants
d'un dossier scientifique, et particulièrement d'un sujet aussi vaste
et complexe que les variations climatiques.
Quant aux
scientifiques invités ou interviewés, ils sont avant tout "utilisés"
comme faire-valoir de la thèse dominante. Ainsi présente-t-on
un "spécialiste" de la question (ce sont presque toujours
les mêmes) sans leur opposer un contradicteur. Il faut dire que
les journalistes n'ont pas à leur disposition une liste des spécialistes
des différents sujets, mais les numéros de téléphone
de ceux qui se sont avérés " bien passer" en
radio ou en télévision et sont devenus ainsi des références
médiatiques indétrônables (Hubert Reeves
en astronomie, Yves Coppens en paléontologie, Yves Bardintzeff
pour les volcans, etc...). Ce qui conduit parfois
ces derniers à commenter un fait d'actualité scientifique en
marge de leur spécialité. Eux-mêmes se livrent volontiers
à cet exercice car ils ont besoin de la presse pour cultiver leur image
de marque, généralement en relation avec la publication d'ouvrages
grand public...
Le réchauffement
climatique anthropique
Sur cette
question, les journalistes scientifiques - quand ils ne sont pas délibérément
"engagés" - manquent fortement d'esprit critique. Un certain
nombre de points devraient en effet les alerter. A tout le moins ils
devraient être rappelés par tout journaliste scientifique (supposé
avoir une bonne formation de base), indépendemment
de ce que peuvent lui dire les spécialistes interrogés.
Nous évoquerons
notamment, cette liste n'étant pas exhaustive:
- le fait
que le "global warming" soit présenté
comme un fait certain et avéré par "3000 spécialistes
internationaux", alors qu'une simple division et un peu de bons sens
indiquent qu'il ne peut pas y avoir 3000 climatologues dans le monde. D'ailleurs,
qu'est-ce vraiment qu'un climatologue ?
- le fait
que dans l'acronyme GIEC le "I" signifie "intergouvernemental"
et non "international", ce qui donne à cet organisme une
conotation politique, qui n'est jamais soulignée.
Par ignorance le plus souvent les journalistes (même spécialisés)
le présentent comme un organisme de recherche scientifique.
- le fait
qu'il n'y a pas unanimité sur le sujet: il suffit de prospecter un
peu sur Internet pour trouver des sites (climate
skeptics) sur lesquels s'expriment des dissidents de cette
thèse. Richard Lindzen est le plus connu.
Marcel Leroux en France, par exemple, n'est jamais cité ni interviewé.
- le fait
que le CO2 soit présenté comme le responsable du réchauffement
présumé, alors que six gaz sont officiellement retenus comme
contribuant à l'effet de serre. On n'évoque jamais, notamment,
le rôle primordial de la vapeur d'eau.
- le fait
que la plus grande partie du CO2 est piégée dans les océans,
et que plus l'eau est froide meilleure est sa capacité d'absorption. Ce
qui implique qu'un réchauffement (provoqué par une cause extérieure)
conduit à une augmentation du taux libre dans l'air. Ainsi, rien ne
permet de savoir si le parallèle entre la croissance du taux de CO2
dans l'atmosphère et celle de la température moyenne relèvent d'une corrélation ou d'une concomittence...
- le fait
que la dernière ère glaciaire a pris fin il y a 12 000
ans, et qu'en toute logique la période de réchauffement actuel
n'est que la poursuite de cette tendance, masquée par des accidents
de parcours comme le petit ‰ge glaciaire
- le fait
que l'échelle de temps retenue pour juger de l'évolution des
températures moyennes a son importance (exactement comme pour les cours
de la Bourse !). Ainsi, de 1915 à 1945, la pente de croissance
de la température moyenne fut-elle du même ordre que celle relevée
sur la courbe publiée par l'IPCC pour les trente dernières années. Or,
dans la première moitié du XXe siècle,
la production de CO2 par les activités humaines était considérablement
plus faible qu'aujourd'hui. Et personne, à l'époque, n'a évoqué
un réchauffement climatique.
- le fait
qu'une "moyenne" des températures à l'échelle
de la planète entière ne signifie strictement rien d'un point
de vue scientifique. D'ailleurs, que valent les mesures individuelles
qui ont servi à établir cette moyenne quand on sait que la précision
des mesures n'est pas homogène (certaines sont effectuées par
des marins sur des bateaux !), que le nombre et l'emplacement des stations
météo officielles a changé depuis un siècle, que
la plupart des mesures océaniques sont en fait des interpolations,
et qu'il y a un effet de chauffage urbain dž à l'extension des grandes
métropoles ?
- le fait
que le relèvement du niveau de la mer - présenté comme
une "preuve" du réchauffement - est encore difficile à
apprécier à l'échelle de la planète. Tous
les reportages se focalisent sur les anomalies qui touchent certaines iles
du Pacifique, alors qu'elles résultent d'effets conjugués (forte
dépression barométrique, épisode El-Nino,
modification de la géographie locale suite à des travaux de
génie civil, etc...). Surtout : si le niveau des océans
avait monté, ce sont TOUS les atolls du Pacifique qui seraient submergés
!
- le fait
que toutes les prévisions présentées dans les rapports
de l'IPCC ne sont pas des extrapolations de mesures
mais des valeurs issues de modèles mathématiques qui ne prennent
en compte qu'un nombre limité de variables
- le fait
enfin que tous ces scénariis d'augmentation
de la température liée aux actions anthropiques se basent sur
l'hypothèse "à priori" d'un doublement du taux de
CO2. Mais qui a estimé que ce taux doublerait au cours du siècle
?
Conclusion
Il nous apparait que cette affaire du réchauffement climatique
n'est pas véritablement un complot planétaire, mais qu'elle
s'auto-entretient et perdure par suite d'une connivence d'intérêts
entre cinq acteurs: les Politiques (qui se donnent ainsi bonne conscience),
les industriels (qui font la lutte contre le CO2 un business), les scientifiques
(qui sont assurés de pérenniser des labos, le climat s'étudiant
sur un très long terme...), les écologistes (qui ont une nouvelle
cause à défendre) et les journalistes (qui sont assurés
d'un lot de sujets catastrophistes quasiment inépuisable).
Il parait
impossible de contrecarrer un mouvement aujourd'hui trop engagé. Nous
avons pu constater, à l'occasion des reportages, enquêtes et
interview effectués pour notre livre "L'imposture verte",
que l'opinion publique a une opinion toute faite et quasiment irréversible
sur le sujet. Le matraquage médiatique a été tel
que même des arguments de simple bon sens ne peuvent plus infléchir
l'opinion générale. Que faire quand on sait qu'en France
la lutte contre l'effet de serre a été déclarée
"priorité nationale" à la fois par l'Assemblée
et le Sénat ?
Notre sentiment
est que - hormis quelques confrères "engagés" - la
plupart des journalistes ont été abusés en toute bonne
foi par une désinformation remarquablement organisée, à
l'échelle internationale. Le fait d'avoir placé l'IPCC sous l'égide de l'ONU est un coup de génie.
Notre opinion est qu'il est désormais trop tard - au plan médiatique
- pour corriger le cours des choses. Mais rien ne nous interdit d'essayer
quand même.
Mai
2003 : article :
M. Leroux, in Energy and Environment, n° 14 (2 & 3), 297-322
Aout 2003 : information : " La cause réelle
de la canicule"
Marcel LEROUX, Professeur de Climatologie
Directeur du Laboratoire
de Climatologie, Risques, Environnement : LCRE
CNRS - UMR 5600
/ Université J. Moulin, Lyon (http://www.univ-lyon3.fr/LCRE)
Avec la collaboration d'Alexis
Pommier, ATER et chercheur au LCRE
Les tenants
du scénario " réchauffement global" attribuent
la vague de chaleur récente et la sécheresse associée
à l'effet de serre. Ils affirmaient au contraire l'année dernière
que l'été pourri 2002 était -aussi- l'illustration par
ses pluies et ses inondations des prévisions des modèles de
l'IPCC !
Je mets ces
" experts" au défi de démontrer le lien
physique entre ces phénomènes . Il faudrait d'abord en effet
que la vague de chaleur concerne en même temps l'ensemble du globe,
ce qui n'est pas le cas, surtout dans l'hémisphère sud où
Madagascar (et La Réunion enneigée), l'Argentine et le Chili
notamment, connaissent un hiver particulièrement sévère.
La canicule de l'été 2003 est en effet un phénomène
essentiellement européen (et elle n'a pas affecté, par exemple
l'Amérique du Nord, dont . le Canada).
Sur le plan météorologique, comment
se caractérise la période estivale 2003 ?
Depuis le mois
de juin la situation météorologique est dominée par la
présence d'une vaste aire de hautes pressions, qui couvre
l'Europe, la Méditerranée et l'est de l'Atlantique,
immense anticyclone qui rejette sur ses pourtours les perturbations pluviogènes
(notamment vers la Scandinavie victime de pluies diluviennes).
En témoignent les valeurs
élevées de la pression atmosphérique sur la France pendant
l'été, valeurs qui s'inscrivent dans une hausse marquée
depuis le tournant climatique des années 1970, comme le montre la figure
1, représentative de l'évolution de la pression sur l'ensemble
du territoire en juin-juillet et aožt au cours de
la période 1948-2002.
Fig.1 : Evolution moyenne de la pression au
" centre" de la France (vers 2,5°E x 45°N, soit au
sud de Clermont-Ferrand) aux mois de juin-juillet-aožt
au cours de la période 1948-2002. Les données 2003 ne sont malheureusement
pas encore disponibles sur le site NCAR. La droite de tendance et la moyenne
mobile montrent que depuis les années 1970 les valeurs moyennes estivales
de la pression sur la France sont supérieures d'environ 2 hPa,
ce qui est considérable à cette échelle moyenne (A. Pommier,
d'après les fichiers CDC/NCEP-NCAR).
Une telle hausse de pression s'observe sur la quasi-totalité de l'Europe, comme le montrent les courbes de Lisbonne au Portugal et de Constantsa en Roumanie, sur lesquelles apparaât clairement dans l'évolution la nette rupture des années 1970 (fig. 2), avec un " saut" de l'ordre de 5 hPa.
Fig. 2. Evolution de la pression
de surface : à Lisbonne (P Lisb), Portugal (d'après des données du
Service Météorologique Portugais) de 1920 à 1995, et
à Constantza (P
Const), Roumanie (d'après des données
du Service Météorologique Roumain), de 1920 à 1995 (in
Leroux M., 2000).
La forte stabilité
anticyclonique (calme ou faiblesse du vent, absence de mouvements ascendants)
favorise le réchauffement de l'air des basses couches. La conduction
de la chaleur est en effet d'autant plus forte que la pression est élevée,
et que l'air ne peut pas s'élever, surchauffant alors (pour la même
quantité d'énergie reçue du soleil) les couches proches
du sol. La chaleur provoque une forte diminution de l'humidité relative,
c'est-à-dire un fort assèchement de l'air, qui est d'autant
plus sec que la vapeur d'eau atlantique ou méditerranéenne ne
pénètre pas à l'intérieur de l'aire anticyclonique
(ce qui réduit considérablement l'effet de serre naturel qui
est principalement associé à la vapeur d'eau). La nébulosité
très réduite à nulle offre un ensoleillement optimal,
et la hausse de chaleur atteint graduellement (par effet cumulatif) la " canicule",
surtout dans les villes (moins ventées, plus chaudes, plus sèches)
où se renforce le dôme de chaleur urbain. Dans le même
temps le caractère anticyclonique (limité aux basses couches)
et l'absence de mouvements horizontaux et verticaux concentrent la pollution
dans les niveaux inférieurs (sous un niveau d'inversion situé
vers 1 000-1 500 mètres), tandis que la forte insolation accélère
la photodissociation (production d'ozone).
Chaleur, sécheresse et pollution sont donc les conséquences
de la hausse de pression.
Et certainement pas l'inverse. Soulignons que le scénario " effet
de serre" envisagerait les choses à l'envers : la pollution
serait à l'origine de la hausse de température, qui provoquerait
au contraire . une baisse de la pression, puisque l'air chaud s'élève,
sauf en conditions anticycloniques qui constituent la clé de
cette situation ! Mais le remarquer est insuffisant si on ne sait pas l'expliquer.
Comment de telles pressions peuvent-elles
s'installer sur l'Europe et ses pourtours
?
Les
partisans de la pensée magique ont une réponse toute prête :
c'est la faute à " l'anticyclone des Açores" !
Ce personnage mythique, par sa présence : il se " gonfle",
ou son absence : il se " dégonfle" (ces variations
étant alors inexpliquées), " laisse" ou " ne
laisse pas", selon son gré, passer les perturbations . Ce type
d'" explication" relève de l'animisme météorologique,
car le dit anticyclone des Açores n'existe pas (du moins sous
la forme ainsi présentée) ! On prétend également
que " de l'air chaud est venu du
sud" (cf. site Météo-France),
sans préciser ni comment, ni surtout pourquoi. C'est simpliste, mais
" imparable" : ne fait-il pas plus chaud " au sud" ?
C'est évident ! Omettons toutefois de rappeler que l'eau qui tombe
sur la France provient -aussi- dans la grande majorité des cas . du
sud, et dans tous les cas lorsque se déversent les pluies torrentielles
sur le pourtour méditerranéen !
La
réalité est un peu plus complexe, mais elle n'est pas due à
l'intervention mystérieuse d'un quelconque Deus
ex machina, ni à un quelconque " dérèglement"
du temps. Elle résulte d'une intensification des mécanismes
habituels, organisés par des phénomènes bien concrets
et bien individualisés (cf. Leroux M. et
al., 1992 ; Leroux M., 2000 ;
Pommier A., 2001).
De
façon permanente, de vastes lentilles anticycloniques (2 à 3
000 km de diamètre) formées d'air initialement froid
et pelliculaire (1 500 mètres d'épaisseur moyenne) quittent
régulièrement les pôles en direction des Tropiques :
ce sont les Anticyclones Mobiles Polaires ou AMP. Dans leur déplacement
ces AMP provoquent le soulèvement et le transfert de l'air chaud dans
le sens inverse (vers les pôles). Ainsi se développent au contact
de l'air froid et de l'air chaud les perturbations pluviogènes sur la face avant des AMP, qui se déplacent
habituellement d'ouest en est : les perturbations envahissent généralement
la France à partir de l'Atlantique, comme
chacun peut aisément l'observer sur les images satellitales.
La succession des périodes de " mauvais temps" (dépression
= advection de vapeur d'eau, ascendances et nuages sur la face avant des AMP)
et de " beau temps" (AMP = stabilité anticyclonique
et ciel plus ou moins dégagé) est ainsi étroitement liée
à la fréquence et à la puissance des AMP. Si les AMP
se suivent de façon régulière les périodes de
mauvais et beau temps alternent, tous les 2-3 jours (fig.
3-a).
Si
les AMP se rattrapent et se fondent, ils forment une " agglutination
anticyclonique", plus ou moins puissante et étendue en fonction
du nombre d'AMP qui la constituent. Plusieurs facteurs favorisent la formation
de ces aires de hautes pressions étendues, et parmi eux le relief.
Les AMP formés d'air dense ne peuvent pas passer au-dessus (un relief
de l'ordre de 1 000 mètres est ainsi déterminant), ils sont
donc ralentis, bloqués et s'emboâtent. Le ralentissement des
AMP associé à leur éloignement progressif du pôle
provoque aussi à l'approche de la zone tropicale la formation de puissantes
agglutinations, que le relief terrestre localise sur la façade orientale
des océans. Tel est le cas sur l'est de l'Atlantique
nord, où les AMP alimentent en permanence des hautes pressions qui
ne peuvent exister, soulignons-le, sans l'arrivée incessante des AMP,
ralentis par leur déplacement, freinés et/ou déviés
par le relief de l'Europe et de l'Afrique. L'extension de l'agglutination
anticyclonique est donc fonction de la puissance et du renouvellement des
AMP. Ajoutons encore que (dans l'hémisphère nord) les AMP étant
plus dynamiques en hiver l'agglutination se forme plus au sud, mais elle se
constitue plus au nord en été (c'est-à-dire alors à
la latitude de la Méditerranée) lorsque les AMP conservent moins
longtemps leur autonomie.
Comment prend fin une telle situation anticyclonique ? Un AMP plus puissant pénètre dans l'agglutination, il y ouvre sur sa face avant un couloir dépressionnaire qui canalise le potentiel précipitable (venu du sud), provoque des mouvements ascendants, des nuages et des pluies, d'autant plus intenses que l'AMP est vigoureux. L'air de l'AMP amène ensuite un rafraâchissement plus ou moins marqué (voire un vrai refroidissement s'il s'agit d'un AMP de trajectoire scandinave). Ainsi s'est interrompue la période de canicule sur la France les 16 et17 aožt 2003.
Que s'est-il donc passé au cours
de la période estivale 2003 ?
L'arrivée incessante d'AMP descendus de l'Arctique par le Canada, les Etats-Unis et l'Atlantique, et l'ajout des AMP venus directement à l'est du Groenland par la trajectoire scandinave, le blocage par les reliefs tels que les Cantabriques-Pyrénées, les sierras espagnoles et le plateau de la Meseta, les Alpes, les Alpes Dinariques, les Carpates, les Balkans, puis la chaâne de l'Atlas, ont provoqué la formation d'une immense aire anticyclonique, non seulement sur l'océan, mais aussi sur le continent européen et sur la Méditerranée (fig. 3-b). La particularité est la durée inhabituelle d'une telle agglutination, et son extension plus importante, parce qu'elle a été constamment et régulièrement réalimentée par les AMP.

Fig 3 : La dynamique du temps sur l'Europe occidentale.
a - situation habituelle, b - situation d'agglutination anticyclonique étendue.
L'Europe occidentale est le point de rencontre des AMP qui, après avoir quitté l'Arctique, se sont écoulés à l'ouest ou à l'est du Groenland
Le relief infranchissable par les AMP est schématisé
Trajectoires des AMP :- 1. à l'ouest du Groenland : trajectoire américano-atlantique- 2. à l'est du Groenland : trajectoire scandinave et trajectoire russe seule est représentée la face avant des AMP(devant laquelle remonte l'air chaud du sud advectant le potentiel précipitable, et où se produit le " mauvais temps")AA : agglutination anticyclonique formée par l'emboâtement des AMP (= calme, stabilité et ensoleillement)
En conclusion, la période
de canicule ne peut en aucun cas être associée à l'effet
de serre (d'ailleurs très diminué quand l'air est sec), même
pas dans les villes où, précisément, l'activité
estivale est réduite. On évoque une cause très hypothétique,
non démontrée, mais on ignore délibérément
un mécanisme réel, démontré parce qu'observé.
La canicule résulte sans la moindre ambigu•té d'une hausse inhabituelle
de la pression, pression qui baisserait si la hausse de température
était la cause première. Cette hausse est commandée par
la fréquence plus élevée des AMP, comme le montre la
figure 4, qui révèle l'augmentation régulière
du nombre des centres d'AMP atteignant le territoire français. Cette
augmentation est elle-même associée au refroidissement -continu
depuis les années 1970- de l'Arctique occidental,
où prennent naissance la majorité des AMP. Cet été
-précisément- la glace arctique a atteint une forte épaisseur
tandis que la température a été plus froide (cf. www.john-daly.com). Ce refroidissement (qui offre
encore un démenti flagrant aux scénarios des modèles)
donne dès le départ plus de puissance aux AMP, et assure une
grande cohérence à l'agglutination anticyclonique qu'ils forment
ensuite sur l'Europe.
Fig 4 : Fréquence annuelle (déviation-standard) des AMP dont le centre (pression la plus élevée) parvient sur le territoire français, de 1950 à 2002. Les données 2003 ne sont malheureusement pas encore disponibles. Le procédé (très sélectif) met nettement en évidence l'augmentation des fréquences au cours de la période analysée (A. Pommier, d'après les fichiers CDC/NCEP-NCAR)..
La canicule
n'est donc pas un phénomène dž au hasard, imprévisible,
ou isolé dans le temps : cela fait plusieurs décennies que la
pression s'élève et que la fréquence des AMP augmente.
Ce renforcement de la dynamique du temps explique aussi la fin brutale de
l'été, avec une chute de la température de 15 à
20 °C, associée à l'invasion d'AMP de trajectoire scandinave.
Il laisse aussi présager à court terme -pour la fin de cet été
et pour l'automne prochain- par ruptures brutales de l'agglutination, un accroissement
du risque météorologique.
Il faut donc
très sérieusement, notamment parce qu'on subit de plus en plus
souvent la sécheresse, estivale comme hivernale, ou à l'inverse
des précipitations particulièrement intenses, envisager les
conséquences possibles pour le devenir du temps de ce que signifie
vraiment une telle évolution de la pression sur la France. L'analyse
précise de l'évolution réelle du temps permettrait alors
de gérer avec réalisme les risques -pour la nature et pour les
hommes- qui lui sont associés.
Il serait donc, peut-être, temps d'arrêter
de raisonner à l'envers et de se tromper de cible .
- Labasse B., Foechterlé V. (1999). La force dévastatrice
des anticyclones. Science et Vie,
n° 979, 68-73.
- Leroux M & S. Aubert, J. Comby, V. Mollica, P. Passerat de
La Chapelle, J. Reynaud (1992). Déficit pluviométrique hivernal
sur la France : autopsie des agglutinations anticycloniques des hivers de
1988 à 1992. - Science et Changements Climatiques, Sécheresse., Vol. 3 n° 2. J.
Libbey Eurotext, 103-113.
- Leroux M. (2000). La dynamique
du temps et du climat .
2ème édition, revue et augmentée, collection : Masson
Sciences, Dunod Ed., Paris, 366 p.
- Leroux M. (2003). Réchauffement
global : une imposture scientifique ! Fusion, n° 95, 36-58.
- Pommier A. (2001). L'évolution
récente de la dynamique aérologique dans l'Atlantique nord.
Ec. Norm. Sup.,
Lyon, Fête de la Science, Th.
en cours, LCRE., Univ. Lyon3.
-www.john-daly.com :
Septembre
2003 : commentaire sur " un chapeau
d'air chaud "
M. Leroux : lettre adressée au journal Le Monde
à propos des
Sous
le titre " un chapeau d'air
chaud venant du sud", le journal Le Monde du 3 septembre 2003 " explique"
la canicule. Pour répondre à la question : " Quels sont les mécanismes à l'origine de cette
canicule", deux directeurs adjoints de la prévision, " pour
les opérations et pour . la science" à Météo-France
(MF), évoquent : " la
présence de l'anticyclone des Açores . surmonté d'une
couche d'air surchauffé provenant du sud". Que dire des arguments
issus des " analyses des météorologues" ?
- Evoquer " l'anticyclone des Açores" c'est immédiatement
tomber dans la pensée magique,
et faire de l'animisme météorologique, c'est-à-dire attribuer
une responsabilité à un facteur mythique ! Il faut souligner
que depuis plus d'un siècle une confusion absolument incroyable est
faite entre l'échelle du temps réel (synoptique), et l'échelle
des moyennes (statistique). Le présumé " anticyclone
des Açores" a été défini (à la fin
du 19ème siècle) par des moyennes de pression de
surface, ce qui signifie (puisque le calcul masque les phénomènes
réels) qu'il n'existe pas à l'échelle instantanée,
c'est-à-dire l'échelle du temps observé. Comment peut-on
alors lui accorder une quelconque responsabilité ? Que l'homme
de la rue (et des médias) ait de l'affection pour son " anticyclone",
passe encore, mais que des " spécialistes" perpétuent
cette inimaginable confusion en invoquant un " personnage"
dont ils ignorent l'origine .
- Le dit anticyclone est surmonté
(ce qui signifie qu'il est pelliculaire)
par " une masse d'air très
chaud et très sec en provenance du sud qui entre par les Pyrénées"
. " près de la surface comme
en altitude" (cf. site www MF). Il n'y
a donc pas de barrage par le relief ? Ce flux se dirige vers le nord,
donc vers des hautes pressions . C'est bien sžr invraisemblable, car en contradiction
avec les principes élémentaires de la circulation ! Mais,
il fait chaud, et l'air viendrait du sud, où chacun le sait, il fait
chaud ! CQFD ! C'est " imparable", mais d'une très
grande na•veté. Car pour quelle raison physique un tel flux aurait-il
pu ainsi s'établir, et se maintenir aussi longtemps, sachant que la
situation a duré de juin à aožt ? La France était-elle
alors couverte par une dépression thermique de type saharien qui
aurait attiré l'air du sud (et pourquoi seulement du sud) ? Certainement
pas, car c'était exactement l'inverse, puisque la pression était
élevée, situation qui est d'ailleurs antinomique d'un air chaud !
Et puis, quelle importance peut bien avoir la présence d'air chaud
en altitude, sachant que l'air chaud ne descend pas, et sachant surtout que
c'est près du sol qu'il a fait chaud ?
Par
ailleurs il est bien connu qu'habituellement c'est le flux de sud qui apporte
un abondant potentiel précipitable sur la
France, surtout lorsqu'il vient de la Méditerranée et alimente
alors des pluies souvent intenses. Alors pourquoi la sécheresse ?
Aux
questions : " pourquoi
le chapeau d'air très chaud est-il monté aussi haut dans le
nord et est-il resté bloqué longtemps ?" la réponse
est : " il n'y a pas de réponse immédiate .et de nombreux
mystères subsistent". En désespoir de cause
les " responsables" pensent que l'équateur météorologique
aurait pu jouer " un rôle" . mais lequel ? Encore un mystère
de plus, et de taille ! Devant une telle imagination et de telles incohérences,
la question est donc de savoir si vraiment il n'y a pas de réponse,
et si les mystères ne sont pas délibérément entretenus.
Soulignons qu'il ne s'agit pas ici de
discussions académiques, mais de la prévision / prévention
des phénomènes météorologiques.
L'explication de la canicule est pourtant
simple dans son principe physique.
La France a été couverte pendant l'été par une
immense aire anticyclonique, qui a imposé sa stabilité (vent
faible ou calme), qui n'a pas autorisé l'arrivée du potentiel
précipitable extérieur et n'a pas
permis les mouvements ascendants (sécheresse), et qui a favorisé
l'insolation (chaleur amplifiée par la pression élevée,
et photodissociation = ozone). La concentration de ces phénomènes
dans les basses couches (en-dessous de 1 000 - 1
500 mètres), et leur amplification dans les villes (en raison du b‰ti
plutôt que de la pollution alors diminuée), a produit par effet
cumulatif ces dramatiques épisodes de canicule.
Chaleur, sécheresse
et pollution sont donc les conséquences de la hausse de pression.
Le seul problème est donc de préciser
les raisons de cette stabilité anticyclonique dans les basses couches.
La
présence prolongée (mais avec des variations d'intensité)
des pressions élevées, ne signifie pas qu'un immense anticyclone
d'origine inconnue s'est " plaqué" au-dessus de l'Europe
occidentale de façon inerte. L'observation des cartes synoptiques et
(chacun a pu s'en rendre compte sur les petits écrans) celle des images
satellitales, a montré que tout est mobile
et sans cesse renouvelé, jour après jour. Des Anticyclones Mobiles Polaires
(AMP), pelliculaires, venus du nord-ouest (trajectoire américano-atlantique) et du nord (trajectoire scandinave),
sont sans cesse venus s'emboâter et former cette immense agglutination
anticyclonique dans les basses couches. L'Europe occidentale, située
au point de rencontre des deux trajectoires, rend en outre difficile par ses
reliefs qui forment barrage la migration des AMP. Cela favorise leur agglutination,
notamment quand la fréquence de ces AMP est plus élevée
que la normale. Cela a été précisément le cas
au cours de l'été 2003. La situation responsable de la canicule
ne demande donc pas l'intervention d'un quelconque Deus ex machina, mais elle résulte
de la dynamique de phénomènes concrets, observables par tout
un chacun, et parfaitement identifiés, les AMP. Encore faut-il vouloir
. les voir !
L'intensité de la circulation des AMP, venue du nord (comme d'habitude) a d'abord
créé et alimenté l'agglutination anticyclonique. L'air
des AMP, ralenti voire bloqué, pouvait alors encore se réchauffer
(c'était l'été), avec les conséquences que l'on
sait. Mais à la mi-aožt s'achève le bref " été"
dans l'Arctique, d'où viennent les AMP. Certains
d'entre eux ont alors manifesté une plus grande vigueur (due au froid),
surtout ceux qui descendent directement à l'est du Groenland. C'est
ainsi que s'est brutalement interrompue la canicule le 15 aožt, lors de l'arrivée
d'un puissant AMP de trajectoire scandinave qui a bouleversé l'agglutination.
Depuis, avec des AMP plus froids dès le départ, la température
a chuté de 10 à 15 °C. Cette intensification laisse donc
présager -pour la fin de cet été et l'automne prochain-
un accroissement certain du risque météorologique.
La
canicule, comme les sécheresses estivales ou hivernales, n'est donc
pas un phénomène dž au hasard, imprévisible, ou isolé
dans le temps : cela fait plusieurs décennies que la pression s'élève
régulièrement sur la France et que la fréquence des AMP
augmente, précisément depuis le tournant climatique des années
1970.
Il serait donc peut-être temps d'arrêter
de croire aux recettes " magiques" et de raisonner à
l'envers. Sinon à quoi servirait l'acquisition
d'ordinateurs de plus en plus puissants ? Il conviendrait d'abord d'analyser
ce que signifie vraiment une telle évolution de la pression sur la
France, pour gérer avec
réalisme les risques -pour la nature et pour les hommes- qui lui sont
associés.
" Les échelles spatiales et temporelles des précipitations :l'exemple de la France
M. Leroux ,
conférence Festival International de la Géographie
Les échelles spatiales et temporelles des
l'exemple de la France
L'importance des précipitations n'est pas à souligner, notamment après un été 2003 particulièrement sec. Les problèmes qu'elles posent aux scientifiques en sont amplifiés, sachant que la sécheresse récente est la négation même des prévisions de l'IPCC, qui annoncent au contraire dans les latitudes tempérées une intensification du cycle hydrologique, et par conséquent une forte augmentation des pluies .
Le temps, notamment le "mauvais temps" accompagné de précipitations qui en représentent le symbole puisque ces dernières se produisent dans ces circonstances perturbées, dépend de conditions locales et de conditions lointaines. Sous nos latitudes, en raison de l'origine et des caractères du facteur déclenchant les perturbations, et en raison des transferts sur de longues distances du potentiel précipitable, les conditions lointaines sont dominantes, le facteur local n'intervenant que lorsque les conditions générales l'autorisent. La pluie (ou la neige) en France dépend ainsi très peu des conditions locales françaises, et se rattache principalement à la dynamique de l'espace de l'Atlantique Nord, elle-même inscrite dans la dynamique générale de la troposphère.
1 Rappel des conditions de la
pluviogenèse
Le processus pluviogène exige la réunion impérative et simultanée de nombreuses conditions précises qui concernent,
- outre l'existence nécessaire d'un potentiel précipitable renouvelé,
- le facteur commandant le transfert de la vapeur d'eau (c'est-à-dire de l'énergie) sur de longues distances et le maintien de cette alimentation,
- le facteur (thermique ? mécanique ? dynamique ?) provoquant l'ascendance nécessaire au changement d'état de l'eau et à la libération consécutive de la chaleur latente,
- et les conditions aérologiques structurales favorables (i.e. sans cisaillement, subsidence ou stratification), indispensables au développement vertical des formations nuageuses.
Ces conditions sont extrêmement variables, à l'échelle synoptique comme à l'échelle saisonnière, et varient aussi avec les conditions géographiques, les conditions structurales en particulier étant différentes sous les Tropiques et dans les latitudes hautes et moyennes, donnant aux diverses perturbations leurs caractères spécifiques. Sous nos latitudes la dynamique du temps dépend, notamment dans le cas d'événements intenses, de puissants transferts, sur une longue distance et de façon soutenue de quantités énormes de potentiel précipitable, c'est-à-dire énergétique, transferts qui sont organisés par des AMP (Anticyclones Mobiles Polaires) qui ont aussi eux-mêmes une lointaine origine.
La formation d'agglutinations anticycloniques (AA) par les AMP entraâne à l'inverse une forte stabilité, un arrêt des transferts de vapeur d'eau et une absence de pluie. Tel est habituellement le cas à la latitude des Tropiques sous les AA océaniques, et sur la Méditerranée en été sur laquelle se forme une AA de longue durée (qui procure à ses rivages une saison estivale si appréciée). Tel a été aussi le cas sur l'Europe occidentale au cours de l'été 2003 lorsqu'une immense agglutination a occupé l'espace Europe - Atlantique oriental - Méditerranée, avec la sécheresse et la canicule que l'on sait.
2 Les facteurs de l'échelle
locale
Les facteurs locaux, ou immédiats, sont nombreux : relief (brises d'amont et d'aval), mer ou lac, contraste océan-continent (brises littorales), végétation, albedo et convection thermique ...
Mais sauf dans une certaine mesure en montagne où se produisent des orages bien localisés, notamment en été, ces conditions ne peuvent s'exprimer que lorsque les conditions générales l'autorisent. Ainsi les pluies dites "cévenoles" (mal nommées bien souvent) représentent une intensification des conditions pluviogènes par le relief de conditions lointaines advectées, et ne se produiraient pas sans l'intervention de ces facteurs généraux. Ces pluies intenses se déversent d'ailleurs le plus souvent en plaine, comme celles qui ont provoqué les inondations de l'Aude et des Pyrénées Orientales en novembre 1999, c'est-à-dire en dehors de l'influence du relief.
Au-dessus de l'échelle locale, l'influence de l'échelle régionale, notamment exprimée en France par l'intervention présumée de "l'Anticyclone des Açores" (qui apporte le " beau temps"), et "la dépression d'Islande" (responsable dit-on du " mauvais temps") n'a aucune réalité météorologique. Ces "centres d'action" définis depuis plus d'un siècle par des moyennes de pression (échelle statistique), relèvent de "l'animisme météorologique", n'ont pas d'existence à l'échelle du temps réel (échelle synoptique), et ne peuvent donc pas commander le temps instantané et son évolution.
3
Les facteurs lointains
: l'unité aérologique de l'Atlantique Nord
La dynamique du temps sur la France dépend de celle de l'unité aérologique de l'Atlantique Nord. Dans cet espace on observe des covariations de paramètres associées au déplacement permanent des Anticyclones Mobiles Polaires (AMP), qui véhiculent l'air froid vers le sud, et forment des agglutinations anticyclonques, océaniques et continentales. Ces AMP provoquent en retour le transfert de l'air chaud méridional (subtropical voire tropical) en direction du nord.
D'une manière générale le versant ouest de l'Atlantique (jusqu'aux Rocheuses) subit les descentes d'AMP originaires de l'Arctique canadien, les plus froids et les plus vigoureux, tandis que le versant oriental (l'Europe occidentale) bénéficie des remontées d'air chaud et humide venant du sud. Mais ce versant oriental n'est pas à l'abri des AMP de trajectoire méridienne s'écoulant à l'est du Groenland, qui mettent 2 à 3 jours pour débouler de l'Arctique sur la France, et y provoquent les phénomènes les plus violents : vagues de froid, chutes de neige en plaine, remontées les plus intenses d'air chaud et humide responsables des épisodes chauds, des pluies torrentielles et des inondations.
Une illustration, clichés de satellites et cartes synoptiques simplifiées, permet de présenter des situations caractéristiques : Vaison-la-Romaine, inondations de l'Aude et/ou du Gard, vagues de froid (du 3 au 5 janvier 2003, ou du 29 au 31 janvier 2003), tempêtes de décembre 1999. Ces événements montrent que le temps sur la France ne relève pas de la pensée magique mais qu'il est parfaitement organisé, parce qu'il est associé à des responsables nettement identifiés, les AMP, que l'imagerie satellitaire permet de suivre sans difficulté majeure.
4
La variabilité
des précipitations
Les pluies représentent le paramètre climatique le plus discontinu et le plus variable, les variations de la pluviométrie (hausse ou baisse) témoignant notamment d'une intensité variable des facteurs pluviogènes, de la variation du nombre de cas (épisodes pluvieux), et/ ou du déplacement des zones pluviogènes. Cette variabilité est observée à différentes échelles :
- Echelle journalière associée à la dynamique réelle des AMP, chaque AMP bien individualisé ayant un comportement spécifique. Les AMP créent des temps particuliers associés à chaque entité et à chaque stade de son évolution, en fonction de ses potentialités initiales et acquises et des circonstances variables rencontrées en cours de route, et en fonction notamment de sa puissance, de sa trajectoire et des contrastes thermiques entre les flux.
- Echelle saisonnière qui entraâne des variations de puissance des AMP, le temps le plus violent étant associé aux AMP hivernaux, les plus froids et les plus étendus. Les conditions thermiques saisonnières modifient en outre les conditions régionales, l'hiver autorisant notamment l'installation d'une agglutination anticyclonique sur l'Europe centrale, qui s'étend sur le nord-est de la France et bloque le déplacement des AMP vers l'est. Cette agglutination est en outre responsable au coeur de l'hiver de la stabilité anticyclonique et de la diminution, voire de l'absence, de précipitations (neigeuses) sur les Alpes.
Une telle agglutination peut aussi se former pendant les autres saisons, comme en été 2003, en fonction de la puissance des AMP. La France est, rappelons-le, située à la rencontre des AMP de trajectoire américano-atlantique et scandinave, situation propice, avec la présence des reliefs, à favoriser la formation d'agglutinations(AA) de longue durée.
- - Echelle interannuelle, limitée à l'évolution récente du siècle dernier. L'indice de l'Oscillation Nord-Atlantique (témoignage de l'intensité des échanges méridiens) révèle le tournant climatique des années 1970, associé au refroidissement de l'Arctique occidental qui accroât la puissance des AMP et en conséquence intensifie les remontées d'air chaud et humide sur l'Europe occidentale. L'augmentation de fréquence des épisodes pluvieux (notamment en Bretagne, dans la Somme, ou dans le Sud de la France), comme celle des tempêtes et la variabilité accrue du temps, résultent de l'accélération depuis 30 ans des échanges méridiens dans l'espace aérologique Nord-Atlantique.
- Echelle paléoclimatique qui apporte des modifications considérables, la circulation générale de l'atmosphère passant d'un type rapide à un type lent en fonction de l'intensité du déficit thermique polaire. Cette échelle est évoquée pour mémoire, mais non traitée ici en raison du temps (durée) de l'intervention.
En conclusion, les mécanismes des précipitations, et leur variabilité, même à l'échelle de la France, ne peuvent pas être expliqués (sinon faiblement) par des facteurs immédiats, parce qu'ils résultent de facteurs lointains qui s'inscrivent dans le cadre de la circulation générale de la troposphère. Ils ne peuvent en outre, et en tout état de cause, relever de formules simplistes du type "effet de serre", les mécanismes de la pluviogenèse ne lui devant que très peu de choses.