L'AMP et « la Météo »
"La
science normale n'a jamais pour but de mettre en lumière des phénomènes d'un
genre nouveau, ceux qui ne cadrent pas avec la boîte (préformée et inflexible
que fournit le paradigme) passent même souvent inaperçus."
"Les
scientifiques n'ont pas pour but, normalement, d'inventer de nouvelles théories
et ils sont souvent intolérants envers celles qu'inventent les autres".
"Au
contraire, la recherche de la science normale est dirigée vers l'articulation
des phénomènes et théories que le paradigme fournit déjà."
Kuhn T.S.,
1983. La structure des révolutions scientifiques. Flammarion, Paris, 285 p.
C
- L' (IN)-EXPERIENCE
FASTEX (1997)
D - LE PLAGIAT PAR METEO-FRANCE DU MODELE
AMP DE CIRCULATION GENERALE
E - LA GALERNE
G - ANNEXES
A - LES ATTITUDES VIS À VIS DU CONCEPT AMP
Les réactions
vis à vis du concept AMP sont multiples. Elles vont de l'accueil favorable,
souvent enthousiaste, de ceux qui n'ont pas trouvé dans les théories classiques
les explications du temps et du climat, au refus catégorique de ceux pour
qui “ la messe est dite ” depuis
longtemps, qui s'indignent même qu'on vienne déranger leurs certitudes si
bien ancrées dans la routine et qui jugent iconoclaste de remettre en question
des dogmes si bien établis.
- Une adhésion, partielle ou entière au concept
AMP
Au lieu du caractère
ésotérique des conceptions en usage et surtout des vaines tentatives de conciliation
entre elles, le concept AMP offre “ un mode de raisonnement plus cohérent que par le passé ” (J. Demangeot, in Bull.
AGF, 1999, pp. 662-664), ainsi qu'une vision concrète et directement observable
des phénomènes météorologiques.
On peut par ailleurs
reconnaître que : "Le modèle proposé
en retire un double avantage, celui de la cohérence et de la simplicité. De
plus il colle bien avec une lecture immédiate des images satellitales". (J. P. Vigneau, Géoclimatologie, 2000, Ellipses,
p. 134), mais ne pas adhérer au concept.
On peut aussi
admettre l'AMP, pourquoi pas, mais ajouté aux autres
concepts. Par contre l'AMP seul est intolérable ... (cf.
ci-dessous : Les raisons du refus : "empilement").
Les adhésions
concernent particulièrement des géographes, certains appréciant ainsi de voir
la climatologie géographique devenir une discipline majeure en se “ libérant
” enfin de concepts météorologistes infructueux et inadaptés.
Mais des "obedient
followers" météorologues ne manquent pas, et
ainsi par exemple l'un d'entre eux m'écrit :
"J'ai pu maintes fois constater, en traçant les cartes
"norvégiennes" d'isobares et de fronts de surface, l'existence de
ces masses anticycloniques qui s'écoulent depuis le nord de l'Amérique vers
les Açores ou depuis l'Arctique vers l'Europe occidentale, advectant
l'air froid polaire de surface vers les latitudes plus basses. Leur trajectoire
et leur intensité peut être facilement mise en relation
avec les conditions thermiques de surface des régions d'origine. Ils offrent
en tout cas une hypothèse plus satisfaisante de l'écoulement atmosphérique
que les théories ondulatoires de haute troposphère"
(X X , Toulouse, 2000).
Ce météorologue,
dont je ne révèle pas l'identité pour des raisons professionnelles évidentes,
appartient à Météo-France ... (je certifie l'authenticité
de ses propos).
Cette opinion
est confirmée par P. Carrega : "Aujourd'hui, l'examen très fréquent - plusieurs fois par jour -
de toutes sortes de documents (images satellitaires, cartes du champ de pression,
radiosondages, cartes "masses d'air", etc
...), allié au recours à un certain nombre de lois physiques, permet d'accorder
un rôle majeur à l'air froid comme "moteur" de la circulation atmosphérique
dans la zone tempérée ; cette action étant d'ailleurs reconnue par de très
nombreux météorologistes des services d'exploitation."
(in "Point de vue
(et images d'Europe) : AMP, coulées froides et anticyclones subtropicaux".
ITEEM, "Autour de l'Anticyclone", Poitiers 1997, p. 130).
- Un essai, limité, de banalisation
On dit alors
(oralement) : “ on savait déjà cela,
on a déja décrit des anticyclones mobiles...”.
Je souligne moi-même
que je n'ai pas inventé les anticyclones
dont le déplacement est depuis longtemps remarqué, notamment dans l'hémisphère
sud. Tous les ouvrages de climatologie notent en effet l'existence et la succession
des dépressions et des anticyclones ; ainsi par exemple sont évoqués "...
les dépressions et anticyclones de latitudes moyennes, dont la durée de vie
est de l'ordre d'une semaine" (R. Sadourny,
Le climat de la Terre, Dominos, Flammarion, 1994, p. 39). Mais cela ne dépasse
pas le stade du constat.
Ces ouvrages
ne s'attachent ensuite uniquement qu'aux dépressions (auxquelles est rattaché
le mauvais temps), comme si les anticyclones, pourtant plus étendus, plus
puissants, plus durables, avaient d'un seul coup bizarrement disparu.
Il est d'ailleurs
donné à tout le monde de “ regarder
passer l'anticyclone ” ...
Mais la question
est alors de savoir d'où vient l'AMP (peut-il venir "d'en haut"
alors qu'il est froid ?), et où il va, de savoir aussi quels sont ses caractères,
pourquoi il passe à cet endroit, pourquoi à cette vitesse, et de déterminer
quelle est son importance dans la détermination du temps, et son rôle dans
la circulation générale ...
Ces questions
fondamentales n'ont pas été posées en temps opportun, et l'observation des
anticyclones n'a jamais débouché auparavant sur leur intégration dans un modèle
cohérent de circulation et dans un “ concept ” logique et global ... qui explique
la dynamique du temps et du climat à toutes les échelles de phénomènes, d'espace
et de temps.
Il ne suffit
donc pas de regarder “ passer l'anticyclone
”...
- Un refus catégorique, sans analyse
et sans argumentation
C'est sur le
plan scientifique une attitude pour le moins bizarre : quand un concept nouveau
apparaît il est immédiatement discuté, oralement bien sûr, mais surtout par écrit, et rejeté après démonstration s'il est jugé mauvais.
Mais, depuis
la première présentation de l'AMP dans les années 1980, 1983 et 1986, pas un seul article documenté, argumenté et signé, n'a mis en cause le
concept AMP.
C'est, dans l'ensemble,
un embarras général de la part du "lobby météo", le silence total.
Tel est notamment
le cas avec Météo-France.
Labasse et Foechterlé résument bien la situation dans Science et Vie qui titre : "La théorie qui fait peur à Météo-France" : (cf.
Actualités de la climatologie)
“ Car c'est bien une chape glaciale qui envahit
l'institution météorologique dès que la question des AMP est soulevée. Une
chape de silence : après quelques atermoiements, le Centre National de Recherches
Météorologiques a officiellement décidé de refuser de répondre à ce propos,
attitude bien éloignée des usages scientifiques mais confirmée par Météo-France ” (in Science
et Vie, n° 879, 1999, p. 72).
Le service communication
du Centre de Recherche de Météo-France (CNRM), sous
la signature de son responsable, annonce d'ailleurs :
“ Météo-France n'apporte aucune caution à la théorie des
anticyclones mobiles polaires”
(cf http://www.provence-web.com/mistral/
ampet.htm).
Mais nulle référence
n’est faite à aucun document officiel, ni à un quelconque texte individuel
ou collégial, qui précise les raisons scientifiques de ce rejet !
-
Le dénigrement, indirect
...
Le procédé consiste,
pour essayer d'atteindre un ouvrage, à dénigrer, courageusement par la bande,
un des aspects évoqués dans cet ouvrage ...
Tel est le cas
avec l'ouvrage d'Yves Lenoir : "Climat
de panique" (Ed. Favre, 2001), qui a déclenché la "panique"
dans le lobby du climat !
• J.M. Jancovici, sur son
site, estime qu'Y. Lenoir (et indirectement moi-même) ne sait pas distinguer ... un anticyclone d'une dépression
!
Ce type d'argument,
puéril, ne se situe même pas au ras des pâquerettes ... et l'outrance est telle qu'elle s'apparente
à de la météo "X" !
1er
août 1999 – Météosat – VIS – 12 h
Un AMP descend directement de l’Antarctique et s’organise dans l’Atlantique
sud, où il va
alimenter
la circulation d’alizé, qui deviendra mousson au-delà de l’équateur géographique.
J'ai écrit le 25 février 2002 à J. M.Jancovici (cf. ci-dessous : annexe 1) :
Je l'ai mis au défi de publier ma lettre sur son site (droit de réponse légitime),
• défi auquel
il s'est bien gardé de répondre,
• pas plus
qu'il n'a répondu aux défis posés par Y. Lenoir ...
mais J.M. Jancovici
n’est pas climatologue : il ne peut donc que psalmodier servilement
comme un griot les sourates de l’IPCC !
• M. Rochas, dans La Météorologie (n° 38, 2002,
"Lu pour vous", pp. 68-69) écrit : "Il faut dire qu'Yves Lenoir
a un joker dans sa manche : il propose de tout expliquer ....par les AMP".
Il consacre alors accessoirement
quelques lignes aux AMP :
"Ce sont des petites bêtes qui naissent dans les régions
polaires sous forme de lentilles d'air
froid et qui (par héliotropisme positif sans doute) se dirigent vers les régions
équatoriales " ... (p. 68),
"au cours
de leur migration, elles expulsent (la sexualité n'a rien à voir avec cela)
des dépressions ... et vont , par instinct grégaire, terminer leur existence
en donnant naissance à des AA (puisqu'il faut tout vous expliquer les AA sont
des "agglutinations d'AMP") ..."(pp. 68-69).
Il
précise quand même … mais c’était inutile :
« Je n’ai toujours pas compris en
quoi les AMP et les AA avaient un rôle explicatif, ni les mécanismes qui les
créent ou qui leur permettent d’engendrer des dépressions » (p. 69)
J'ai écrit le 25 juillet 2002 à M. Rochas (cf. ci-dessous : annexe
2) :
Je le remercie de dévoiler aussi naïvement le
niveau de l'argumentation "scientifique" de La Météorologie ,
dont il préside le comité de rédaction, revue éditée par la Société Météorologique
de France et Météo-France, et parrainée par le CNRS !
Selon Météo-France, et
d’après Science et Vie : “ ... le débat a déjà eu lieu dans le cadre de la
revue La Météorologie, et il est désormais clos. ” (n° 879, 1999, p. 72).
Examinons donc les pièces de ce “ débat ” qui
n'a jamais eu lieu :
• 1995 - A. Joly
du CNRM (Centre National de Recherches Météorologiques) publie
dans La Recherche (n° 273, février 1995, vol. 26, 128-135), un
article intitulé :
"Le front polaire : un concept dépassé qui a la vie dure".
• 1995 - J’adresse
un Commentaire à la revue sur l’article de A. Joly, commentaire qui est publié
dans La Recherche (n° 276, vol. 26, mai 1995, 479-480).
• 1995 - un "Débat
sur le front polaire", entre J.J. Thillet et
A. Joly, est publié dans La Météorologie
(n° 12, décembre 1995, 58-67).
• 1996 - J’adresse
un Commentaire à la revue sur ce “ débat ”, commentaire qui est publié dans La Météorologie (n° 16, décembre 1996, 49-52).
NB : Dans ce numéro de La Météorologie apparaît à
la page 48 une "Note du comité de rédaction de "La Météorologie"
à propos des "Commentaires" et des " Réponses"."
Il est précisé : "Il s'agit de veiller à ce que les "C" et les "R"
ne soient pas utilisés pour faire passer des idées ou des résultats d'études
sans rapport étroit avec l'article ..."
Cet avertissement vise bien évidemment l'AMP ...
(cf. ci-dessous : "LA GALERNE")
Chacun peut consulter ces textes : ne
soulignons donc que quelques points concrets :
• Dans La Recherche, comme dans La Météorologie, je conteste fortement
la prétendue "nouveauté" de la "nouvelle
théorie" proposée par A. Joly pour remplacer le concept du Front
Polaire et expliquer la genèse des perturbations des latitudes tempérées,
toujours inexpliquée. La dite "théorie" n'est en fait qu'une version
"relookée", très largement inspirée d'une étude antérieure de Farrell
(1994), de la tentative de synthèse entre deux écoles de météorologie, l'une
des années 1920 et l'autre des années 1940, synthèse qui n'a jamais abouti
! En fait de nouveauté ... on peut faire mieux !
• A. Joly juge
que les AMP sont des "objets dont
l'identitié dynamique reste à définir et à valider"
et qu'ils "ne sont pas définis
en tant qu'objets d'une théorie physique" .
Soit, mais alors,
sans entrer dans les arguties subtiles, soyons banalement pragmatiques :
- Pourquoi le
concept du "Front polaire" qui n'a jamais été, de l'aveu même de
A. Joly, "une véritable théorie
au sens physique", s'est-il révélé "exceptionnellement fécond,
tant pour la pratique de la prévision que pour faire avancer la théorie" .
(A. Joly, La Météorologie , n° 16, p. 54) ? Est-ce utile "d'être une théorie" ?
- Pourquoi cela
n'a-t-il pas empêché et n'empêche-t-il toujours pas le "Front Polaire"
de régner en maître sur les cartes de surface des Services Météorologiques
depuis 80 ans, et notamment sur les cartes synoptiques de Météo-France ?
- Pourquoi la
"nouvelle théorie" du CNRM, qui dispose cela va de soi de tous les
sacrements nécessaires, est-elle incapable d'expliquer la genèse des perturbations
atlantiques ? (cf. ci-dessous, les défis et
FASTEX)
• Je mets A. Joly au défi, par deux fois, de montrer la pertinence de sa prétendue "nouvelle
théorie"
en l'appliquant :
- à la genèse de la tempête du 10
janvier 1993 qu'il présente comme exemple,
- à l'analyse de l'image satellitale du 28 avril 1986 qui représente un AMP.
A. Joly n'a jamais répondu à ces deux défis :
- la réponse au premier défi aurait permis
d'une part de montrer la pertinence de la "nouvelle théorie" ...
(peut-être ?)
- la réponse au second défi aurait permis
d'autre part d'invalider le concept AMP...
(peut-être
?).
Rien n'est encore fait, ni dans
un sens, ni dans l'autre ! Pourquoi ?
On peut toujours
certifier que "le scénario illustré
conduit aux tempêtes les plus soudaines et les plus intenses comme celles
du 15 octobre 1987 ou du 10 janvier 1993" (A. Joly, La Recherche,
273, 1995, p. 133), encore faut-il le démontrer.
En science, les dogmes n'ont pas cours et personne
n'est obligé de croire sur parole ... seuls les résultats concrets sont
à considérer. Et ici où sont les résultats
?
Car, rappelons tout de même qu'il s'agit du problème
- non résolu - de l'origine des perturbations tempérées, du mauvais temps
donc des tempêtes, dont la prévision est une préoccupation essentielle (théoriquement la
seule) de Météo-France.
Il ne s'agit
pas seulement, de discussion académique au coin du feu, ni de savoir si les
séjours à la neige ou à la plage seront confirmés ou annulés, mais il s'agit
avant tout d'éviter des dégâts souvent considérables et de sauver des vies
humaines.
Depuis cette
affirmation totalement gratuite du CNRM en 1995, les tempêtes ont été nombreuses,
notamment en décembre 1999, ou dans le Gard en septembre 2002, ou lors de
la route du Rhum et du naufrage du Prestige en novembre 2002, ou ...
Chacun peut vérifier sur le site de Météo-France que le concept en vigueur dans l'institution
est toujours celui du CNRM, dont la démonstration n'a jamais été faite, et
surtout pas par l'expérience Fastex !
Un (non) - événement météorologique, ignoré du grand
public, mérite d'être rappelé.
• En 1992 je
présente un projet : "La dynamique
du temps et du climat dans l'espace atlantique nord" devant les instances du CNRS Rhône-Alpes, projet
modeste, à la mesure du LCRE, visant à démontrer par des observations intenses
la pertinence du concept AMP dans la genèse des "perturbations atlantiques".
La réponse du
CNRS arrive par lettre du 14 janvier 1993 : réponse négative, en raison de "l'opposition très énergique de l'institution météorologique".
• En juin 1994,
dans le cadre d'un colloque de l'Association Internationale de Climatologie
(AIC), je présente à Toulouse au siège de Météo-France
une communication sur "La dynamique
du temps et du climat dans l'espace atlantique nord"
(cf. M. Leroux, Publ. Ass. Intern. de Climatologie, vol. 7, AIC
/SMF, 354-364).
• En février
1995 A. Joly annonce dans La Recherche
(n° 273, p. 135)) :"une campagne
expérimentale se prépare à l'initiative de Météo-France
et du CNRS ... au-dessus du proche Atlantique".
Quelle heureuse coïncidence ! Simple
effet du hasard ?
• L'expérience
FASTEX (Fronts and Atlantic
Storms Track Experiment), est organisée en février 1997 sur l'Atlantique
Nord "pour observer l'ensemble
du cycle d'évolution d'une tempête et déterminer les mécanismes qui ont contribué
à sa formation" (in La Météorologie,
n° 16, 1996, p. 42).
Le but affiché
de cette opération était de montrer le déclenchement des tempêtes par "un tourbillon situé vers dix kilomètres d'altitude, loin du sol",
appelé précurseur.
Autrement dit
de vérifier la prétendue"nouvelle
théorie" proposée par le CNRM, hypothèse qui considère notamment
que le mauvais temps est "le fruit
du hasard et de l'opportunité" (Joly, 1995).
• En novembre
1997 Arbogast et Joly du CNRM dévoilent, sans tarder, par la procédure d'urgence
d'une communication devant l'Académie des Sciences (CRAS, 1998, 326-4, 227-230)
la conclusion fondamentale de l'expérience FASTEX, c'est-à-dire :
"le
rôle très inattendu d'un précurseur confiné dans les basses couches" .
Cette conclusion est en total désaccord avec
ce qui était espéré !
• Cette expérience
FASTEX aurait pu être, au sens propre, un événement scientifique car l'origine
de la dépression initiale recherchée depuis plus d'un siècle est enfin "trouvée"
:
- 1. Le concept de l'école norvégienne des
années 1920, jugé dépassé mais "qui
a la vie dure" (cf. Joly, 1995), est rejeté
(au moins de façon formelle).
- 2. Le concept de l'école dynamique des
années 1940 qui accorde la priorité absolue aux phénomènes d'altitude, concept
revisité par la fausse "nouvelle théorie" est à son tour rejeté.
- 3. Le déclencheur des tempêtes de l'Atlantique
nord est enfin "découvert" : il est situé dans les basses couches, et c'est, sans
ambiguïté, selon les propres termes d'Arbogast et Joly, "le vrai déclencheur" (1997,
p. 230).
• Malheureusement
pour Météo-France, le "vrai déclencheur" est
en fait ... un anticyclone mobile ! Comme le montrent très clairement
les cartes synoptiques de surface d'Environnement Canada, la "nouvelle dépression" (c'est
le fameux précurseur), située entre
deux anticyclones mobiles de 1038 hPa et de 1024
hPa, ne doit son existence, son creusement et sa mobilité
qu'à ces deux centres de haute pression qui se suivent sur l'Amérique du Nord
en direction de l'Atlantique (cf. M. Leroux,
2000, p. 112).
C'est ... la reconnaissance "officielle" du concept AMP !
C'est intolérable
! CQNFSPD : C'est ce Qu'il Ne Fallait Surtout Pas Démontrer !
- D'abord parce
que le dogme, centenaire et incontournable, n'autorise comme référence qu'une
"dépression" !
- Et surtout
parce que les vrais responsables, les anticyclones mobiles, sont ... innommables
: ce sont des AMP !
• Arbogast et Joly préfèrent alors
écrire - véritablement et je pèse mes mots - n'importe quoi :
1 : inventer "la dépression des Grands Lacs", une dépression inconnue
et d'origine indéterminée, qui apparaît ex
nihilo, mais ... qui pourrait aussi être un
"ancien système dépressionnaire" survivant ..." !
2 : attribuer
à cette dépression (peut-être rescapée) un "rôle
crucial", qui n'est pas précisé, si ce n'est que "par sa présence, la dépression des Grands Lacs induit logiquement une circulation cyclonique
en basses couches ..." !
Peut-on faire mieux en termes de génération spontanée et de lapalissade ?
3
: considérer, sachant que tout est mobile
et éloigné des Grands Lacs, et parce que rien n'est démontré, que c'est "l'action à distance de ce système d ebasses couches qui ..." .
Que signifie "action à distance" ? La formule est magique mais
sans le moindre fondement physique !
Comment l'Académie des Sciences a-t-elle pu admettre
et valider l'apparition si opportune et si miraculeuse d'un tel Deus ex machina et accepter une telle mystification ? Mystère
!
• L'expérience
FASTEX, malgré son coût, et en dépit - mais surtout à cause - de sa "réussite" évidente et indiscutable dans la démonstration de
la validité du concept AMP, devient ainsi un non-événement,
comme si rien ne s'était jamais passé.
Il n'est plus alors question de remise en cause :
- la théorie
norvégienne (dépassée) règne toujours sur les cartes synoptiques de surface,
- le concept
dynamique (non démontré) qui privilégie l'altitude domine toujours le corps
de doctrine de la modélisation,
-
l'origine
des perturbations atlantiques, comme d'une manière générale celle des perturbations
des moyennes latitudes, provoquées par les AMP, bien que confirmée par FASTEX
est toujours - délibérément - ignorée.
-
comme
celle des tempêtes, notamment celles de décembre 1999, toujours attribuées,
malgré l'absence de démonstration, le démenti de l'observation et l'invalidation
du concept-maison, au "rail des dépressions d'altitude" (cf. site Météo-France).
Le courrier qui
m'a été adressé par un ingénieur de Météo-France
est ainsi encore plus éloquent : "Je
trouve pour le moins suspect au plan scientifique le refus catégorique de
Météo-France d'aborder la question" des AMP (X. X., Toulouse, 2000) ...
D - LE PLAGIAT PAR METEO-France
DU MODELE AMP DE CIRCULATION GENERALE
La réalité des
échanges méridiens montre de façon évidente que les modèles conventionnels
de circulation générale de l'atmosphère sont erronés (cf.
La recherche en climatologie : La dynamique générale de l'atmosphère).
La division en
cellules de circulation par le
célèbre schéma tricellulaire ne correspond pas à
la dynamique de la circulation. Ce schéma est pourtant constamment
repris par les météorologues, les climatologues et par les modèles climatiques.
Tel est le cas
par exemple en France au sein de la communauté météorologique.
- G. Dhonneur (Météo-France, 1986, chapitre
2 : "circulation générale"
(pages 23, 24, 25, 26) reproduit les schémas inspirés de Ferrel, de Rossby (1930) et de Palmen
(1951), ce dernier schéma représentant le credo actuel de Météo-France (ou plutôt
"l'avant-dernier", comme précisé ci-dessous).
- L'absence de
modèle représentatif explique sans doute pourquoi l'ouvrage de J.P. Triplet
et G. Roche : "Météorologie générale"
(Météo-France, 1977, 1996) de l'Ecole Nationale
de la Météorologie (ENM), corps de doctrine de cette école, ne comporte pas
de modèle de la circulation générale.
- L'ouvrage de
P. Santurette de l'ENM
(Cours et Manuels, n° 10, 1994), dans son chapitre premier : "La circulation générale, rappels",
ne comporte quant à lui aucun schéma de ... la circulation générale.
Cela n'empêche
pourtant pas, par exemple :
• La Société
Météorologique de France, SMF, de reconnaître en 1999 par la conférence de
P. De Félice sur la "Circulation Générale de
l'Atmosphère" : "trois cellules méridiennes
dans chaque hémisphère, de l'équateur
vers chaque pôle, elles portent les noms de cellule de Hadley, de beaucoup la plus grande et la plus active,
cellule de Ferrel et cellule Polaire" (cf. site SMF).
• Sadourny (1994), alors directeur du Laboratopire
de Météorologie Dynamique (CNRS) de présenter, dans le chapitre : "circulation atmosphérique", de son ouvrage sur "Le climat de la Terre" (p. 33), comme modèle de circulation
générale un croquis extrêmement schématique, très grossièrement inspiré de
Palmen (1951). Cet ouvrage, sur lequel doivent "se jeter sans tarder les géographes et les climatologues"
est considéré par A. Joly comme "une
pénétrante présentation du système climatique" (in La Météorologie,
n° 16, 1996, p. 55).
• Les géoclimatologues de reproduire, à la suite des météorologues,
le schéma tricellulaire, qui est pourtant incapable
d'expliquer les climats. Tel est le cas, par exemple, de G. Beltrando et L. Chémery ("Dictionnaire du climat", 1995, Larousse, p. 58) ou J.P.
Vigneau ("Géoclimatologie",
Ellipses, 2000, p. 55).
Un modèle de circulation générale, expressément fondé
sur le concept AMP, existe depuis les
années 1980
(cf. M. Leroux , 1980, 1983, 1996, 2000 et La
recherche en climatologie : Circulation générale : modèle actualisé,
2000) :
Les AMP véhiculent
l'air froid dans les basses couches des pôles vers l'Equateur Météorologique,
et commandent le retour de l'air chaud sur la face avant et/ou au-dessus des
AMP en direction des pôles.
Ce modèle intègre
également les perturbations des hautes et moyennes latitudes et il est applicable
à toutes les échelles de temps : synoptique, saisonnière, interannuelle,
paléoclimatique .
La circulation générale de la troposphère : schéma moyen (Leroux,
1980, 1983)
La circulation générale de la troposphère :
schémas saisonniers (Leroux, 1980, 1983)
La pertinence du modèle AMP de ciculation
générale explique son “appropriation” par Météo-France :
• Ce modèle est
enseigné à l'Ecole Nationale
de la Météorologie à Toulouse depuis 1992
(cf. J. Bonnissent
:"Cours de Météorologie Tropicale",
dans la partie "V. Circulation
Générale", polycopie, octobre 1992)
(cf. figures : 5.19,
5.20, 5.21, 5.23, qui sont référencées : "M. Leroux, 1983").
• Ce modèle est adopté - tel quel - par l’Ecole Nationale de la Météorologie à Toulouse, comme en témoigne
l'ouvrage : "Météorologie Générale
et Maritime" ,
paru en 2001, actuel corps de doctrine de l'Ecole de Météo-France
(Cours et Manuels n° 14, Ecole Nationale de la Météorologie), dans le chapitre
9 : "La circulation générale" (pp. 79-94), à la page 83, figure 9.7.
N.B.: Cette adoption / appropriation
est toutefois réalisée sans citation de l'auteur et sans référence d'origine
(cf. (M. Leroux, 1980) !
(cf. Annexe 4 ci- dessous)
pourtant, rien ne manque sur la figure
9.7 par rapport à l’original :
- Tropopause polaire, tropopause
tropicale,
- Hautes Pressions Polaires
(pelliculaires) et Basses Pressions Polaires (BP),
- Hautes Pressions Tropicales
(structure caractéristique en "V renversé") et Basses Pressions
Intertropicales (D),
- Equateur Météorologique,
- Les transferts méridiens
dans les basses couches entre Hautes Pressions Polaires et la zone tropicale
sont représentés par 3 flèches,
- L'Inversion
d'alizé, n'est pas dessinée (oubli) dans la légende de la figure 9.7, mais
elle est présente sur la coupe verticale,
- E - W : composantes zonales
du vent, jets d'Est (E) et d'Ouest (W),
- Les jets d'ouest et sous
eux les mouvements subsidents, qui sont de la même
façon représentés par 3 flèches ...
Cet "emprunt" est loin d'être
anodin :
- non seulement
parce que ce modèle AMP
de circulation générale est actuellement le seul à rendre compte de la réalité
des échanges méridiens, à toutes les échelles d'espace et de temps,
de l'échelle synoptique à l'échelle paléoclimatique,
- mais surtout
ici parce qu'il intègre
expressément le concept AMP, moteur des échanges méridiens d'air et
d'énergie, et cause des perturbations, directement dans les hautes et moyennes
latitudes et indirectement dans les latitudes tropicales.
On ne peut pas,
sauf malhonnêteté flagrante, enseigner l'AMP à l'Ecole Nationale de la Météorologie,
et rejeter "officiellement" (sans "acte" officiel) le
concept AMP !
La malhonnêteté de Météo-France
est encore démontrée dans la nouvelle parution (2002) de « Météorologie
générale et maritime » : à la page 83, la figure 9.7 est remplacée,
mais elle comporte cette fois une référence … de 1970 !
Des "discussions" à propos de la galerne
du golfe de Gascogne apportent un autre témoignage de la mauvaise foi de l'institution
météorologique.
• En mai 2002 paraît dans La Météorologie (8ème série
n° 37, mai 2002, 35-45), un article de E.
Arasti, P. David, J.S.M. Gonzalez et C. Deyts,
sur « La galerne
du Golfe de Gascogne ».
• Le 6 juin 2002
j'adresse à la revue un "Commentaire" sur cet article (cf. ci-dessous annexe 3 : 1ère version du "commentaire")
• Le 6 novembre
2002 (réf. LM 02-064), le rédacteur en chef de la revue me répond : "le Comité estime que mon commentaire
vise davantage à faire passer des idées et des résultats d'études - sur les
Anticyclones mobiles polaires - sans rapport étroit avec l'article visé".
En vertu de quoi le Comité "ne
souhaite pas publier ce commentaire dans les colonnes de La Météorologie".
• Je retire donc
de ce commentaire tout ce qui, de près ou de loin, fait ou peut faire allusion
aux Anticyclones Mobiles Polaires.
Le texte restant
(cf. annexe 3 : 2ème version) est ainsi en rapport extrêmement étroit avec l'article, qu'il dissèque
quasiment point par point. Il correspond donc très exactement au voeu exprimé
par le Comité de lecture. Rien ne s'oppose donc à sa publication.
• Le 24 février
2003 le rédacteur en chef m'écrit (LM 03-007) que "le comité n'a pas retenu mon commentaire pour publication".
Il précise néanmoins
que le comité "partage mon opinion
concernant le manque d'argumentation scientifique pour étayer les assertions
des auteurs à propos des courants de densité, de l'inversion, du déplacement
d'ouest en est ...".
Mais "l'argumentation scientifique a paru souvent
peu convaincante au comité". Un seul exemple est noté, j'écris :
"la galerne n'est pas d'origine
locale, mais elle résulte de l'interférence entre des facteurs géographiques
régionaux voire locaux, et des facteurs aérologiques d'une toute autre échelle,
d'origine lointaine" (cf. mon commentaire,
2ème version, annexe 3). Selon le comité "cette
assertion n'est malheureusement pas plus étayée que celles que vous reprochez
aux auteurs".
Conclusion : c'était bien entendu couru d'avance
!
Et je n'ai joué
le "jeu" avec une deuxième
version, uniquement que pour vérifier la "procédure" en usage à
la Société Météorologique de France, inféodée à Météo-France.
Cette "procédure" est annoncée à
la page 48 de La Météorologie (n° 16, 1996, 49-52) (voir le NB ci-dessus,
in "Le débat est clos").
La méthode d'examen de mon commentaire peut-être résumée ainsi :
1 - La
première version cite l'AMP : elle est écartée.
2 - La
deuxième version n'en parle pas, et "faute d'arguments" elle est
écartée aussi.
3 - Il
faudrait donc rétablir les passages relatifs à l'AMP : retour à la case départ
!
Astucieux, non
?
Rappelons qu'il
ne s'agit que d'un commentaire, qui par définition n'engage que son auteur,
sans engager la responsabilité du comité de lecture.
Par contre la
responsabilité du comité est engagée dans l'article, qui a été publié en dépit
de ce que le comité appelle ici un"manque
d'argumentation scientifique" sur
des points essentiels : densité, inversion, déplacement., etc ...
Ainsi, comme
je le souligne dans mon commentaire : "l'explication
scientifique avancée pour la genèse de la galerne" (p. 46) apparaît
totalement illogique, non conforme aux principes physiques élémentaires, et
"l'utilisation d'un modèle numérique"
(p. 45) fondé sur une argumentation aussi incohérente a très peu de chance
d'aboutir" (cf. Annexe 3).
Ces insuffisances
auraient - normalement - dû interdire la publication de l'article !
- C'est ce que
(doit) pense(r) le comité puisqu'il avoue partager mon opinion :
mon "commentaire" doit donc être publié, c'est évident !
- Mais le comité
semble ne s'être aperçu des "insuffisances" qu'après la publication
(c'est-à-dire après ma lettre). Il ne tient donc pas à ce que cela se sache
! Est-ce surtout parce qu'il s'agit d'auteurs-maison
?
- Et avant tout
il ne tient absolument pas à ce qu'on sache que le concept AMP apporte ici les réponses aux questions
posées.
En résumé, conformément
à la déclaration de la note de la rédaction de la page 48 (in La Météorologie,
1996, n° 16, à la Société
Météorologique de France / Météo-France, ), il ne faut surtout pas, essayer de "faire passer des idées" !
Pendant ces discussions
stériles ...
en novembre 2002, les multicoques de la Route du Rhum étaient détruits par
la tempête au large de la Galice, une tempête évidemment provoquée par un
AMP bien identifié, et une tempête non prévue par Météo-France
en dépit de l'affirmation de l'article (p. 35) selon laquelle "une prévision immédiate des galernes
est maintenant possible", le Prestige coulait et son fuel commençait
à divaguer dans le golfe de Gascogne ...
"Plus une idée est nouvelle, plus elle choque, plus elle dérange
ceux dont la fortune s'est établie hors d'elle, comme ceux dont le confort
intellectuel se trouve perturbé par son émergence.
L'originalité est une vertu estimée, pourvu qu'elle ne s'avère pas trop
dérangeante.
Une réaction marginalisante, voire sacrificielle,
sanctionne toute audace au-delà d'un certain seuil ..."
C. Allègre (L'Ecume de la
Terre, 1982)
Les raisons du
refus, ou du rejet, du concept AMP sont multiples, avouées et inavouées, rationnelles
et irrationnelles, personnelles et collégiales, fondées (?) et infondées (?)
...
Elles tiennent
au concept AMP lui-même, mais aussi à la structure de la "société météorologique",
dans ses aspects "intellectuels" (état d'esprit) et "sociaux"
(organisation interne, castes, …) ...
Il n'est pas
question ici de traiter ce sujet, qui n'est pas essentiel dans le débat et
qui a été analysé par ailleurs, notamment par Yves Lenoir dont nous citons
de longs extraits, particulièrement pertinents.
Les remarques
qui suivent sont donc fragmentaires et seront complétées, progressivement,
au fil des lectures et des réflexions.
• Est-ce parce que le modèle AMP est “ trop simple
” ?
Le concept AMP
est simple, comme est grande la simplicité fonctionnelle des phénomènes météorologiques.
"L'extrême simplicité conceptuelle du modèle AMP ” n'est pas le
moindre handicap, sachant que “
tous ceux qui se sont torturé les méninges
pour réussir à faire fonctionner en pensée (mais en vain, NdR) le schéma "officiel"
de la circulation atmosphérique et,
en désespoir de cause, se sont donné la peine d'acquérir la maîtrise verbale
du jargon sur le chaos et "l'effet papillon" dont procéderait tout
ce qui est physiquement inconcevable (i.e.,
les "miracles physiques", NdR) n'accepteront pas sans réticence d'admettre
l'inanité de tels efforts ”. (Y.
Lenoir, Futuribles, avril 1997,
p. 105).
"Et comment admettre que la prémisse de cette somme (le concept AMP)s'apparente à la découverte de l'oeuf de Christophe Colomb,
c'est-à-dire de quelque chose qui crevait les yeux et l'entendement : la conceptualisation
d'un objet présent sur tous les clichés, comme le nez au milieu de la figure,
l'Anticyclone Mobile Polaire (AMP) ?" (Y. Lenoir, in Climat
de panique, 2001, p. 96)
Selon J.P. Vigneau,
c’est cette « simplicité »
qui « explique son succès (de
la théorie) auprès des non-spécialistes
de climatologie ou de météorologie » (in
Géoclimatologie, 2000, p. 134)
• Est-ce parce la météorologie est une discipline
géographique ?
On n'accepte
pas l'idée que la météorologie est
une discipline géographique qui exige une parfaite connaissance des conditions
de basses couches, notamment parce que les AMP sont pelliculaires et influencés
dans leur déplacement et leurs caractères par la nature du substratum.
La priorité théorique
absolue est en effet classiquement donnée aux conditions d'altitude, et les
modèles numériques ne représentent l'orographie que de manière très imparfaite,
sans en faire un facteur de la circulation ...
On s'indigne
aussi que la météorologie soit irrémédiablement une science de la Nature, donc pas véritablement une
science "exacte" en dépit de l'usage de l'arsenal mathématique.
• Est-ce parce que le concept AMP est "hérétique"
?
Le concept AMP
est contraire à l'orthodoxie. Il est donc, par définition, hérétique :
- Il est "simple"
et facilement compréhensible, et surtout il rejette les "miracles physiques"
sur lesquels reposent les concepts conventionnels.
- Il accorde
le rôle principal aux basses couches, alors que depuis les "Rossby waves", l'altitude est
considérée comme primordiale.
- Il préconise
en priorité l'observation directe des phénomènes, par l'examen des cartes
synoptiques et des images satellitales, alors que
la prévision classique s'appuie d'abord sur les modèles, qui ne retiennent
de la réalité que les paramètres qui "rentrent" dans le modèle.
- Il estime que
l'attention première doit être accordée aux anticyclones mobiles, habituellement
négligés, alors que l'intérêt est quasi-uniquement centré sur les dépressions
(surtout depuis l'école norvégienne).
- Il considère
que tout est mobile, anticyclones comme dépressions, alors qu'on associe généralement
le temps à des centres d'action "fixes" (permanents ou semi-permanents) comme "l'anticyclone dit des Açores"
ou "la dépression dite d'Islande".
- Il reconnaît
aux régions polaires le rôle moteur de la circulation, et de la dynamique
du temps, alors que le plus fréquemment la circulation apparaît commandée
par la dynamique tropicale.
- Il s'intègre
dans un schéma global et cohérent de circulation qui inclue les perturbations
et qui est applicable à toutes les échelles d'espace et de temps, et il est
ainsi hégémonique.
• Est-ce à cause du caractère hégémonique du concept
AMP ?
Le défaut le
plus grave (pour être accepté) d'un nouveau concept est sa valeur hégémonique
: la théorie qui "chasse" les autres est "mauvaise".
Tel est le cas de l'AMP qui est fondamentalement
inconciliable avec les autres concepts.
Un comité dit
"scientifique" de l'Association Internationale de Climatologie (AIC)
a ainsi fait (en 2000) ce reproche d'impérialisme à l'AMP, dans les termes
suivants :
"l'universalité
des AMP est jugée ridicule" !
Le ridicule ici
est sans doute de n'avoir pas compris qu'un concept
qui n'explique pas tout, n'explique rien .
Tant qu'on ne
dispose pas d'une explication logique, cohérente, globale, applicable à tous
les cas, avec de simples
différences d'intensité mais non de nature, on ne peut pratiquer que
"l'empilement" (cf. ci-dessous) ...
• Est-ce parce que l'énergie la plus forte est ...
l'inertie ?
"Pourquoi l'immense majorité des météorologues et climatologues
ont-ils laissé passer l'occasion de renouveler leur discipline ? Vraisemblablement
à cause du poids de l'habitude ..." (Y. Lenoir,
Climat de panique, 2001, p.96).
Les termes ne
manquent pas pour désigner le "train-train" quotidien : la routine,
les ornières, la force de l'habitude, le credo, les idées reçues, les dogmes
...
La démarche dite
"scientifique" consiste le plus souvent à répéter les "bonnes
vieilles recettes" et à "colporter des idées", bien établies, donc anciennes et
immuables.
La nécessité
d'en changer ne se manifeste pas forcément lorsque ces "idées" donnent
satisfaction en répondant à toutes les questions posées ….
Mais c’est très
loin d'être le cas des théories météorologiques classiques.
Il existe ainsi
de véritables croyances scientifiques, des "bibles", avec des mystères
et des miracles (les "miracles physiques" qui défient la logique
mais qu'il faut accepter sous peine de faire effondrer le château de cartes),
et des prophètes (dont il ne faut pas discuter les écrits) ...
Mettre en doute
(alors que la science est fondée sur le doute), dérange, devient même hérétique,
et demande sanction : c'est-à-dire en fait protection des gardiens du dogme ...
• Est-ce parce que la pratique "scientifique"
la plus répandue est "l'empilement" ?
Empiler, c'est
(souvent à cause d’une « impossibilité » de choisir) ajouter
un nouveau concept aux autres préexistants.
C'est la méthode
la plus courante, pratiquée depuis les débuts de la météorologie (cf. M. Leroux, 1996, 2000, Introduction).
Les apports des écoles se sont empilés, sans
se fondre (parce qu'une synthèse est impossible). Il y a donc superposition
ou juxtaposition, mais non intégration, sachant qu'il n'existe pas de passerelles
entre les concepts.
Le meilleur exemple
en météorologie est le traitement des cartes synoptiques : celles de surface
par la méthode "norvégienne", celles d'altitude par la méthode des
lignes de flux, mais entre les niveaux aucune continuité !
Cette pratique
évite d'analyser les choses à fond, parce que bien souvent on n'en a pas,
ni le temps, ni l'envie, ou/ni les moyens et/ni la capacité ...
Elle évite de
se poser des questions "superflues", c'est-à-dire de remettre en
question des concepts admis, reçus, de valeur dogmatique et constituant la
bible météo, surtout lorsque ces concepts sont attachés à des noms "prestigieux".
Depuis que Rossby a décrété que "tout" se passe "en haut",
il est iconoclaste de prétendre le contraire ...
Cette démarche permet en outre de déboucher sur une
autre pratique très répandue, celle du "parapluie" ...
Cette pratique,
particulièrement déresponsabilisante, connaît actuellement avec le « réchauffement
global » une amplification considérable. Faute de connaissance du sujet,
médias et « scientifiques » se réfugient derrière les conclusions
de l’IPCC, que l’on affirme approuvées par des « milliers
d’experts » … Peut-on rêver d’une plus grande « sécurité » ?
• Est-ce à cause de la modélisation ?
"Pourquoi l'immense majorité des météorologues et climatologues
ont-ils laissé passer l'occasion de renouveler leur discipline ?
... Certainement à cause de l'attrait culturel irrépressible du calcul
numérique, de la mise en oeuvre d'un outil incontestable : la simulation mécanisée
des lois pures et dures de la physique ... " (Y.
Lenoir, ibid, p. 96).
La modélisation,
vieux rêve de la météo puisque les rudiments remontent à 1922 avec Richardson,
écarte le recours à l'observation directe et prétend se passer de concept.
Dady souligne (in
La Recherche , n° 276, vol. 26, p. 479-480, 1995)
que la météorologie est “persuadée de
n'utiliser aucun concept" et qu'ainsi “elle pense détenir la vérité”,
issue des équations brutes de la dynamique des fluides. Mais le concept est
inhérent à toute démarche scientifique, et il s'agit là, continue Dady “de l'illusion
réductionniste induite dans de nombreux secteurs de la recherche par le développement
des puissances de calcul ”, attitude qui conduit en permanence à
une fuite en avant “dans l'espoir de
mégacalculateurs".
"Comment admettre en effet qu'un regard empirique ...
puisse réussir une synthèse entre météorologie et climatologie avec un modèle
dynamique applicable à toutes les échelles et à toutes les époques ?"
"Comment admettre aussi qu'une entreprise isolée aboutisse,
sans se plier à l'exercice "obligatoire" de la simulation numérique,
là où des dizaines d'équipes compétentes et puissamment dotées n'ont pas réussi
à dégager un modèle de la circulation atmosphérique à partir des torrents
de chiffres fournis par des ordinateurs chaque jour plus surpuissants?"
"Comment admettre enfin, et reconnaître, qu'il était absolument
impossible à la méthode réductionniste, prétendue seule valable car fondée
sur la mise en équation des lois de la physique, de repérer cet acteur primordial
de la scène météorologique et climatique ?"
(Y. Lenoir, Climat de panique, 2001, p.97).
Le recours à
la modélisation, particulièrement favorisé par le développement récent de
l'informatique, renforce le "mépris" pour l'observation directe,
et amène à considérer que hors des modèles il n'y a pas de salut !
Ce leitmotiv
est ainsi exprimé : "le principal
obstacle à l'étude de ces extrêmes météorologiques est l'insuffisance des
capacités de calcul, qui limite la résolution des modèles". (Planton
S., Bessemoulin P., La Recherche, n ° 335, 46-49). Est-ce là, vraiment, le principal
obstacle ?
NB : Il faut souligner
que le concept AMP ne s'oppose absolument pas à la modélisation (ni plus, ni moins, que toute autre école)
Certains "jouent"
sur cette antinomie supposée pour qualifier le concept AMP de "traditionnel"
ou "rétrograde", par opposition à la modélisation considérée comme
"moderne" ... en dépit de son âge vénérable de 80 ans !
Il faudrait cependant,
en attendant des résultats
probants et des réussites indiscutables issus des modèles (qui tardent
à venir), aussi bien en météorologie qu'en climatologie, que la démarche "à
l'aveuglette" (statisticienne et probabiliste) soit remplacée (?), complétée
(?), renforcée (?) par une démarche déterministe, sachant que le temps comme
le climat ne sont pas gouvernés par des abstractions issues de calculs, mais
sont associés à des responsables bien individualisés, les AMP.
(cf. Actualités de la climatologie : réflexions
sur prévision / prévention)
Mais cela obligerait
"une discipline scientifique qui
n'en finit pas de stagner, malgré une débauche de moyens techniques et de
crédits, la météorologie, à rendre des comptes et envisager un aggiornamento
radical" (Y. Lenoir, 1997, Futuribles, 219, p. 104).
D'autres raisons ....
"Nous touchons ici une des deux pierres d'achoppement
de la société scientifique, celle placée là où les conflits d'intérêt, la
défense de l'image de marque, le refus de remettre en cause ce qu'il faut
bien appeler des croyances scientifiques et le poids des routines engendrent
le rejet d'un examen contradictoire, l'ostracisation,
le dénigrement et les ragots." (p. 96).(Y. Lenoir,Climat
de Panique, 2001, p. 96)
"Si vous voulez être haï dites à un homme content de lui
qu'il se trompe.
Et si vous voulez être haï à mort, montrez-lui comment il se
trompe"
(James Mills, One
just man, 1974)
Une connaissance
approfondie de la dynamique des AMP, puisque tout est mobile, pourrait être
très utile pour comprendre certaines raisons, le plus souvent inavouées, du
refus du concept AMP :
"Les conditions de l'activité ... changent constamment
tout au long d'une trajectoire, et elles sont sans cesse remises en
question ....Un AMP actif en début de trajectoire peut en fin de
parcours ... être dissipé partiellement ou totalement par un autre AMP plus
récent et plus puissant" .
(in M. Leroux,
1996, 2000, La Dynamique du temps et du climat, pp. 125 et 126).
LABORATOIRE
DE CLIMATOLOGIE
RISQUES NATURELS
ET ENVIRONNEMENT
U.M.R. 5600 du
C.N.R.S.
Climatologie
Changements Climatiques
Professeur
Marcel LEROUX
Lyon, le 25 février 2002
Monsieur Jean-Marc Jancovici
Fax : 01 69 07 33 06
Mon cher Jean-Marc,
Permettez-moi
cette familiarité, sans doute une forme incontrôlable de "sympathie"
spontanée, conséquence insoupçonnée de l'effet "papillon" que suscite
votre photo sur votre site personnel (www.manicore.com/CV) ...
Je tiens tout
de suite à vous remercier de votre intérêt pour l'AMP : depuis combien de
temps vos remarques se trouvent-elles sur votre site ? Vous auriez pu me les
adresser directement, avec franchise, selon l'usage, sans attendre que cela
me soit signalé. Vous avez absolument raison : l'ouvrage d' Yves Lenoir :
"Climat de Panique" s'adresse à des "experts
très pointus sur le sujet", ce qui est malheureusement très loin
d'être toujours le cas de la littérature consacrée au "global warming", vous en savez quelque chose ...
L'ouvrage d'Yves
Lenoir comporte 214 pages et traite de manière approfondie, vous avez encore
raison de le souligner, de nombreux thèmes. Sur cette intense réflexion vous
avez jugé que quatre (4) "affirmations
fausses ou fallacieuses" méritaient d'être dénoncées :
- Quatre ! Quatre seulement dans un
tel développement ? Mais quel compliment vous faites à cet ouvrage ! C'est
encore mieux que "les articles
dans la presse" que vous n'avez pas l'air d'apprécier ! Jalousie
?
- Quatre ? C'est encore à démontrer.
Trois sont reprochées à Yves Lenoir, qui vous a répondu, et surtout qui vous
pose des défis, auxquels vous n'allez pas manquer de répondre (si ... évidemment
vous en avez les moyens ...). On recomptera après !
Une concerne
l'AMP. C'est à moi de vous répondre :
- 1 : Vous écrivez
que selon Y. Lenoir "la circulation
est régie par des "anticyclones mobiles polaires" ... qui se forment
au-dessus des pôles puis se déplacent jusqu'à l'équateur" (p. 2/7).
Y. Lenoir n'a pas écrit "jusqu'à
l'équateur" (soyez fidèle
au texte) mais à juste titre "vers
l'équateur" (cf. p. 101, ligne 10). C'est important : le passage à la circulation
tropicale, alizé, puis éventuellement mousson, se fait par l'intermédiaire
des agglutinations anticycloniques, relais de la circulation dans les basses
couches qui se réalise ainsi sans hiatus.
- 2 : Vous écrivez
: "il montre (p. 100) une photo
satellite prise en mai 1995, et précise que les mouvements circulaires visibles
sur la photo correspondent (tous) à de tels anticyclones provenant des pôles"
(p. (2/7). "Tous" ? Vous
prenez soin de mettre ce terme en exergue ... Mais où (page ?, ligne ?) Y. Lenoir a-t-il écrit cela ? Vous mentez, sans
vergogne.
- 3 : Vous n'avez
pas eu l'honnêteté de lire la page 102 ; dans le paragraphe : "Les AMP alimentent les alizés et génèrent les dépressions" , Y. Lenoir précise :
- lignes 19-20-21 : " ... l'AMP2 provoque une puissante ascendance d'air tropical chaud
et humide que l'on voit entraînée
vers l'Antarctique dans le couloir dépressionnaire ...",
- lignes 23-24-25-26 : " ... en bas du cliché on distingue nettement la dépression
provoquée par le déplacement de l'AMP2,
et alimentée par l'air en provenance du couloir dépressionnaire. La photo du 20 mai montre l'AMP3 coupant
le couloir dépressionnaire ...",
- ligne 29 : "... L'AMP2 se trouve alors déconnecté de la dépression qu'il
a engendrée ..."
2 / 3
Y.
Lenoir ne peut pas être plus clair sur l'association permanente AMP/dépressions,
et en aucune façon il ne confond les deux types de configuration isobarique
et de circulation.
-
4 : Vous vous gardez bien de reproduire la figure
12 (p. 103), qui montre précisément la dynamique des 3 AMP austraux du 18
au 20 mai 1995, la figure 10 page 102 du 19 mai 1995 n'étant qu'un arrêt sur
image d'une situation évolutive qu'Y. Lenoir décrit dans son intégralité (sauf
contrainte d'édition). Il le précise page 101 : "reportons-nous aux figures 10 à 12". L'avez-vous fait ?
Vous mettez en doute la réalité des mécanismes des échanges méridiens (cf. votre 1ère phrase in
1. p. 2/7) : il est alors bien évident que cette figure 12, particulièrement
éloquente, est très gênante pour vous. Vous l'occultez donc (peut-on avoir
une réaction plus primaire ?) ... alors qu'il est obligatoire de la présenter.
Demandez donc à "FMB du LSCE" de vous montrer l'intégration le 20
mai 1995 de l'AMP3 dans l'AMP1, c'est un point fondamental. Et publiez cette
image sur votre site. Mais c'est trop vous demander : il faut pour cela un
minimum de compétence et d'honnêteté !
-
5 : Sur la figure 11 (que vous reproduisez (p. 3/7) j'ai tracé moi-même à
Dakar à partir des cartes synoptiques (cf. Leroux,
1996, p. 66) le champ de vent de basses couches. Le sigle AMP désigne un système
spécifique qui comprend la partie anticyclonique proprement dite, le couloir
dépressionnaire périphérique et la dépression fermée où la baisse de pression
est maximale. N'avez-vous pas vu ce modèle d'organisation du champ de pression
et de vent sur la figure 17, page 108, in
Y. Lenoir ? Il y a trois systèmes AMP sur l'Atlantique sud le 19 mai 1995
(fig. 11), pas tous entièrement visibles, et j'ai placé le
sigle AMP où j'ai pu : facilement sur l'Atlantique au large de l'Afrique australe
pour l'AMP1, mais au bord de la carte pour les deux autres systèmes. Quand
on sait lire le champ de vent et qu'on sait distinguer la rotation anticyclonique
de la rotation cyclonique il n'y a aucune ambiguïté. C'est élémentaire !
- 6 : Vous évoquez
(p. 4/7) (à propos des journalistes)"le
temps nécessaire à découvrir cette supercherie" ! Et vous, combien
de temps avez-vous consacré à essayer de comprendre le modèle AMP qui vous
est présenté ? Vous jugez que ce point 1 est
"compréhensible sans connaissances techniques approfondies" (selon vos propres termes, p. 2/7), mais vous
n'avez même pas pris le temps d'assimiler le minimum minimorum pour interpréter cette
photo, et surtout celles des 18 au 20 mai, et il n'est donc pas étonnant que
vous n'ayez rien compris (cf. votre propre aveu
page 1/7). Quel est alors le niveau de vos connaissances en la matière ? Vous n'avez même pas lu attentivement
l'ouvrage d'Y. Lenoir, il est donc inutile de vous demander si vous avez dans
"La dynamique du temps et du climat" (1996, 2000) lu les chapitres consacrés à l'AMP.
Vous voyez pour la première fois une image satellitale
et une carte synoptique et vous savez déjà tout ! Bravo ! Avez-vous demandé
à FMB du LSCE, voire à HLT du LMD, de vous enseigner les rudiments de l'analyse
synoptique ? Est-ce simplement de la mauvaise foi, ou est-ce plus grave docteur
? Mais, au moins, une partie de votre question est résolue : la prétendue
"supercherie" est à mettre à
votre passif, sans le moindre doute. Votre présentation de ce point 1 est
une pitrerie, essayez donc, pour changer, de le présenter de manière scientifique
...
- 7 : Rappelons
que le problème essentiel est ici "la
circulation atmosphérique" (p.
1/7). A quoi peut bien servir de vous rappeler qu'il n'y a actuellement pas
de schéma "classique" de la circulation générale apte à rendre compte
de la réalité des échanges méridiens ? Le schéma utilisé par les modèles numériques
est le modèle tricellulaire (1856), qui a été "officiellement"
rejeté en 1951, mais qui est toujours utilisé, par défaut ! Un événement important
vient cependant de se produire : un nouveau modèle de circulation générale
vient d'être (discrètement) adopté par Météo-France. Il s'agit du modèle Leroux (1983), seul modèle
actuel cohérent de la circulation troposphérique, qui bien évidemment intègre
la dynamique des AMP. C'est un "scoop", et cela vient de sortir
dans "Météorologie générale et maritime", Cours et Manuels de l'Ecole
Nationale de la Météorologie, n° 14, 4ème trimestre 2001, Toulouse, page 83,
fig. 9.7 ! Rappelons également que le concept AMP
est déjà formellement reconnu par Météo-France depuis
1998 par une communication à l'Académie des Sciences de Joly et Arbogast,
du CNRM (cf. in Y. Lenoir, pp. 112-117) ... Vous l'ignoriez bien sûr, mais c'est
instructif, non ?
Dites-moi mon
cher Jean-Marc : comment se fait-il que vous preniez ainsi parti "en
plein jour" contre l'AMP (en dépit de votre ignorance crasse du sujet)
? D'habitude même le sigle AMP n'est pas prononcé, c'est le black-out total,
la "chape de silence" comme l'expriment
avec pertinence Labasse et Foechterlé dans Sciences et Vie d'avril 1999 (n° 979, pp.
69-73). Personne n'écrit contre le concept AMP, ni HLT du LMD que vous connaissez
bien, ni Météo-
3 / 3
France et notamment
Joly du Centre National d'Etudes Météorologiques à qui j'ai posé à ce sujet
deux défis dans "La Météorologie" (1996, n° 16, pp. 49-52) et qui
n'y a jamais répondu, ni ... Alors que vous arrive-t-il ? Y-a-t-il de nouvelles consignes ? Je vous signale que le concept
AMP est apparu en 1980, présenté plus précisément en 1986, développé en 1996
dans "La dynamique du temps et du climat", (chez Masson), en 1998
en version anglaise (chez J. Wiley), puis en 2000
(2de édition, chez Dunod). Ouf ! La météo est sauvée
: vous voilà enfin !
Permettez-moi
ce conseil, mon petit : occupez-vous d'autre chose, ou mettez-vous au travail,
sérieusement. Moi je suis un artisan "laborieux" (au sens propre
et noble, permettez !) et je n'avance rien sans avoir préalablement observé
longuement des milliers d'exemples et très attentivement analysé tous les
aspects du problème posé. Mais il n'apparaît pas que vous connaissiez cette
démarche, qui est celle de la recherche sérieuse, suivie et approfondie, et
bien entendue - personnelle - cela va de soi !
Finalement, je
vous suis très reconnaissant de montrer comment "fonctionne" un
"expert" (ou prétendu tel selon
vos termes). Vous avez délivré votre "expertise"
sur le concept AMP. Merci. Mais, personne ne vous l'a demandée, et pour cause,
car pour l'instant vous avez uniquement démontré votre absence de scrupules
et votre propre nullité dans ce domaine ... Ne désespérez pas, vous avez certainement
d'autres talents. Autre confirmation dont je vous remercie également : je
supposais que mes impôts n'étaient pas toujours judicieusement utilisés, comme
en témoigne la composition de la délégation française au GIEC qui ne comporte
aucun climatologue avéré. Quelqu'un, mon ... Petit ... , de profil semblable au vôtre, y figure alors qu'il n'a
jamais rien produit de personnel sur ce sujet (je lui ai deux fois demandé
une copie de "ses" publications : en vain) : vous avez donc vos
chances ! Je sais maintenant que c'est vrai, puisque paraît-il, ... vous "étudiez pour le compte de l'Etat"
! Nous voilà bien partis !
Encore un mot
: j'ai lu un petit ouvrage fort léger, qui n'apporte strictement rien de nouveau
bien que paru récemment (chez Flammarion, Dominos, n° 233) dans lequel les
banalités, les lapalissades, les niaiseries, voire les inepties, atteignent
une densité inégalée (en 114 petites pages c'est remarquable) ! Mais en quoi
cela peut-il vous intéresser, sachant que dans cet opuscule il n'y a rien
de vous ? Cet "Inventaire du Psittacisme
Climatiquement Correct" (IPCC) révèle de manière éclatante, comme
dans "vos" publications sur le sujet, que vous êtes un as, un pro
..., dis-je, que dis-je encore : un virtuose ... de la photocopieuse !
Un dernier mot
: supprimez de la publicité que vous vous faites, non seulement le qualificatif
usurpé :"expert" (en ce
qui concerne ce sujet), mais aussi :"indépendant"
(qui est aussi carrément risible !). C'est très bien, mon petit (et conforme
à votre schéma de pensée et/ou de carrière), "de
faire où on vous dit de faire" ..., mais ce n'est pas très original,
et cela n'a qu'un temps, désormais compté ... le lobby du "global warming" ne va pas faire illusion encore bien longtemps.
Mais je pense que vous avez déjà une veste réversible ...
Si vous êtes
honnête (et bien sûr "si vous en
avez ...") vous publierez cette lettre sur votre site personnel (avec
celle d'Y. Lenoir), en application du droit de réponse - légitime - à ce que
vous appelez un "commentaire de
lecture". Et bien évidemment vous répondrez, sans délai et publiquement,
aux défis qui vous sont posés par Y. Lenoir et par moi-même.
Au fait, combien
reste-t-il maintenant (et combien en restera-t-il) "d'affirmations" que vous jugez "fausses" dans l'ouvrage
d'Yves Lenoir ? Quel excellent ouvrage !
Cordialement,
mon cher Jean-Marc,
M. Leroux
UNIVERSITE JEAN MOULIN
- 18, rue Chevreul - B.P.
0638 -
69239 LYON cedex 02
Téléphone : 04 78 78 74 03 - Télécopie : 04 78 78 71 85 - E mail : leroux@univ-lyon3.fr
G - ANNEXE 2 : lettre de M. Leroux à M. Rochas
LABORATOIRE
DE CLIMATOLOGIE,
U.M.R. 5600 du
C.N.R.S.
Professeur Marcel LEROUX, directeur
Climatologie
Changements
Climatiques
Membre de la Société Météorologique de France
Lyon, le 25 juillet 2002
Monsieur Michel ROCHAS
s/c de La Météorologie
1, quai Branly - 75340 Paris Cedex 07
Cher Monsieur
l'Inspecteur Général de la Météorologie,
Non, je ne viens
pas à la rescousse de Monsieur Yves LENOIR, dont vous mettez en cause l'ouvrage
dans La Météorologie d'août 2002
(n° 38, 68-69). L'auteur n'a pas besoin de renfort et surtout la médiocrité
de votre « critique » ne lui posera aucun problème quant à une éventuelle
réponse. C'est tellement « gros », vous fournissez même la clé dès le départ
: "il défend une position opposée
à celle de l'idéologie dominante", c'est tout dire (vive Lyssenko!)
! Et c'est si peu respectueux des règles en la matière ... qu'on en est en
droit de se demander comment fonctionne le comité de lecture de la revue,
s'il existe !
Je vous écris,
précisément, pour vous remercier. Votre outrance dans la présentation de l'AMP
est si grande, et vous vous dévoilez si naïvement ... que je ne pourrai qu'insérer
in extenso votre paragraphe sur
l'AMP dans un ouvrage en cours, pour montrer l'attitude (et surtout le niveau
"scientifique" !) de "l'Inspection générale de la météorologie",
c'est-à-dire de Météo-France ! C'est à ce point
édifiant qu'il n'y a rien à ajouter ... Très vivement merci. Quant au fait
que "vous n'avez toujours pas compris"
(p. 69), selon vos propres termes, cela ne relève plus du "mauvais esprit"
(officiel ?) qui dicte votre commentaire, mais d'un esprit mauvais, c'est
donc votre affaire personnelle ! Comment désignez-vous (p. 69) "ceux
qui cherchent ... (encore) ...
à comprendre comment naissent les perturbations"
?
Pourtant, dans
le numéro précédent de la revue (n° 37, mai 2002), vous aviez mis en garde
contre "les préjugés qui
ont empêché la découverte ..., alors que les éléments qui constituaient son
existence étaient étalés aux yeux de tous" (p. 57). Vous ajoutez
même : "personne n'y a cru car
cela remettait en cause la théorie. Une telle attitude est assez fréquente
..." (p. 68), et vous précisez encore en citant Kuhn (1983) : "les
scientifiques ... sont souvent intolérants envers les théories qu'inventent
les autres". Le moins qu'on puisse dire est que vous n'avez pas vous-même
conscience de ce que vous écrivez : ... vous reproduisez les errements que
vous dénoncez ! Il y a toujours eu, d'une part ceux (les Psittacidés, espèce
de très loin la plus répandue) qui ont besoin d'un dogme parce qu'ils
sont incapables de voir par eux-mêmes leur nez au milieu de leur figure (l'AMP
étant précisément comme l'oeuf de Christophe Colomb), et d'autre part, pour
compenser, ceux (nettement moins nombreux) que vos semblables ne parviennent
qu'à ralentir, mais heureusement, jamais à arrêter ... même à l'intérieur
de Météo-France !
Rien de nouveau
donc ! Si ce n'est que la Société Météorologique de France apparaît être dans
un bien triste état ... difficile de dépasser le stade des "rencontres"
et des "festivals" ...
Je vous prie
d'agréer, avec mes remerciements renouvelés, Cher Monsieur l'Inspecteur (=
Inquisiteur ?) Général de la Météorologie, l'expression de mes sentiments
bien distincts.
M. Leroux
UNIVERSITE JEAN MOULIN
- 18, rue Chevreul - B.P.
0638 -
69239 LYON cedex 02
Téléphone : 04 78 78 74
03 -
Télécopie : 04 78 78 71 85 - E mail : leroux@univ-lyon3.fr
G - ANNEXE 3 : Commentaire envoyé à la revue
La Météorologie
COMMENTAIRE
de E. Arasti, P. David,
J.S.M. Gonzalez et C. Deyts
(La Météorologie, 8ème série n°
37, mai 2002, 35-45)
Marcel Leroux, Professeur, Directeur du LCRE :Laboratoire de Climatologie, Risques, EnvironnementUMR 5600 du CNRS, 18, rue Chevreul, 69362 Lyon cedex 07e-mail : leroux@univ-lyon3.fr
L'article a le
mérite d'attirer l'attention sur un phénomène météorologique particulièrement
violent et dangereux dans le golfe de Gascogne et sur son pourtour. Sont ainsi
précisés les caractères et la climatologie succincte des galernes, tandis
qu'une situation (celle du 25 juillet 1995) est présentée en exemple. Mais
cet article manque singulièrement de perspective, n'offrant qu'une vision
très partielle du phénomène, le facteur local étant exagérément amplifié,
comme en témoigne notamment la figure 6, tandis que la cause première (lointaine)
du déclenchement de la perturbation n'est pas individualisée.
Le terme galerne, issu du vocabulaire marin (du breton : gwalarn qui signifie
nord-ouest ou noroît) est utilisé
en France et précise la direction du "coup de vent". Il est aussi
transformé en galerna sur
le littoral espagnol bien que d'autres termes locaux (p. 36) soient préférés,
décrivant plutôt une des caractéristiques du temps associé à ce phénomène.
Sur la côte cantabrique
existe une véritable "culture du vent" (J.C. Garcia Codron, comm. pers.). Le terme sur (sud) désigne le courant qui dévale
du relief vers la côte (effet foehn), à l'avant des "perturbations atlantiques",
attiré vers le nord par la dépression qui précède le front, son intervention
provoquant un saut de température de 8 à 15 °C et une baisse d'humidité de
30 à 40 % en moyenne, en une ou deux heures. Le sur , appelé aussi
haïze hegoa au Pays
Basque, ou vent d'Espagne, le célèbre
"vent qui vient à travers la montagne"
(qui, dit-on, rend fou), ressemble ainsi au chergui du Maroc atlantique, au chhili (scirocco ) au pied méditerranéen de l'Atlas, ou au bergwind d'Afrique
australe (les exemples de "foehns"
littoraux sont très nombreux). Le terme gallego (galicien ou vent de Galice, d'ouest à nord-ouest) suit le passage des perturbations
d'ouest accompagnées de tempêtes et de pluies et traduit l'invasion d'air
polaire. La galerna associe le flux de sud et le flux de nord, de part
et d'autre du front (d'où l'appellation de "galerne frontale"),
mais la perturbation, qui n'est pas différente dans sa nature du passage d'un
front, l'est dans son intensité, et elle est plus concentrée dans le temps
et dans l'espace.
Les caractéristiques
d'une galerne, telles qu'elles sont notamment rappelées
dans l'article, sont :
- "phénomène de basses couches" (p.
40), affectant principalement les 1 500 premiers mètres,
- "rotation brutale du vent" et
renforcement (p. 38), un coup de vent brutal et violent accompagne le renversement
du vent en surface, du sud (chaud) à l'ouest ou au nord-ouest (froid), les flux étant séparés par une discontinuité,
- accroissement
de la nébulosité et pluies (brutales) éventuelles, le flux de sud n'ayant
d'abord qu'un potentiel précipitable limité,
- chute brutale
de la température, et hausse de pression, après le passage de la perturbation,
- déplacement
-rapide- d'ouest en est, avec ralentissement et atténuation des phénomènes
associés vers le nord et vers l'est en pénétrant sur le bassin aquitain.
La situation
-à l'échelle locale- est donc claire, à la lumière de nombreux cas analysés
par ailleurs.
L'interprétation
qui en est donnée dans l'article est par contre entachée d'incohérences (inattendues
lorsqu'il s'agit de principes physiques élémentaires). Soulignons les principales
:
- Courant
de densité ? : La galerne serait : "un
courant de densité ... engendré par l'interaction de conditions synoptiques
particulières avec le relief et les contrastes thermiques du sol. Ce courant
de densité est une masse d'air frais, donc relativement dense, qui déferle
le long du relief ..." (p. 38). Les "conditions
synoptiques particulières" ne sont pas précisées, notamment sur la
figure 6 limitée à l'échelon local. La galerne est ici assimilée à un vent
catabatique, donc à une sorte de bora,
invasion puissante d'air froid qui nécessite un abondant réservoir d'air froid
en amont (indigène ou le plus souvent advecté) que
les Monts Cantabriques (et moins encore la Meseta isolée du rivage par les
cordillères cantabrique et ibérique), peu élevés et peu étendus, sont incapables
de fournir, sauf sous la forme limitée d'une brise de montagne momentanée
(rappelons le caractère pelliculaire de la perturbation, inférieure à 1 500
m). Les figures 2 et 3 (p. 37) montrent par ailleurs
que la galerne se produit vers 15 heures, en été ! D'où viendrait alors l'air
froid ? (la question n'est pas posée). Dans l'exemple
étudié et à l'heure considérée le présumé "courant" serait d'ailleurs
à contre-courant de la brise de mer ... brise qui ne pourrait s'établir qu'en
dehors de l'intervention d'un phénomène d'échelle supérieure : quel est alors
ce phénomène ? Est-il encore nécessaire de rappeler qu'un flux descendant
(surtout s'il "déferle")
se réchauffe (il ne peut donc pas être "frais")
et il est par conséquent léger (et ne peut donc pas être"dense") ?
- Déplacement
d'ouest en est ? : "La baisse
de pression sur l'est ... doit également contribuer à provoquer au niveau
du sol un vent d'ouest .." (p. 39). Mais
pour quelle raison physique y-a-t-il "baisse de pression" ? ... à l'est ? Et pourquoi
est-elle mobile ? Cette baisse est-elle une cause ou une conséquence d'un
facteur qui n'est pas individualisé ? La figure 6 suggère que l'air descendant
atteint le pied du relief et s'intercale entre celui-ci et l'air atlantique
frais ... Deux questions se posent alors : - 1. si
l'air était "vraiment" froid et dense (cf.
"masse d'air frais", p. 38 ligne
32, et "effet de foehn sous le
vent", p. 39 ligne 5), il s'étalerait sur l'océan à partir des Monts
Cantabriques (affaiblis à l'est par l'ensellement basque) et provoquerait
un front le long duquel serait soulevé l'air marin, qui se propagerait vers
le nord, vers l'est, mais aussi vers l'ouest ... -
2. si l'air est chaud, il ne peut alors atteindre
le niveau surface et demeure au-dessus de l'air atlantique plus frais ...
L'origine de la baisse de pression au sol n'est donc pas précisée (elle ne
peut pas être d'origine thermique sur l'océan) et aucune réponse n'est donc
donnée sur les raisons du déplacement d'ouest en est.
- Discontinuité
de vent ? : Une différenciation est faite entre la "galerne frontale"
et la "galerne typique", qui "ne peut pas être associée à un passage de front" (p. 38).
Cette distinction est-elle fondée, et à quoi est donc associée la discontinuité
(mobile) de vent ? Même si on l'appelle "microfront" (p. 40), n'est-ce pas toujours un "front"
?
- Une inversion
? : La figure 6 évoque l'existence d'une "inversion" : quelle est
la nature de cette inversion ? Quelle en est l'origine réelle (une stratification
?) ? Existe-t-elle en mer, et peut-elle suivre la pente du relief ?
Ainsi, "l'explication scientifique avancée pour
la genèse de la galerne" (p. 46) apparaît totalement illogique, non
conforme aux principes physiques élémentaires, et "l'utilisation d'un modèle numérique" (p. 45) fondé sur
une argumentation aussi incohérente a très peu de chance d'aboutir.
__________________________________________________
Cette partie ci-dessous (en retrait) accompagnait la 1ère
version du commentaire :
Je
l'ai supprimée dans la deuxième version dans laquelle le terme AMP n'apparaît
pas.
L'observation des phénomènes au moyen des cartes synoptiques et des clichés
satellitaux met en évidence la spécificité du temps
dans le Golfe de Gascogne caractérisée par :
- La géographie : L'alignement Cantabriques-Pyrénées,
affaibli dans l'ensellement du Pays Basque, est grossièrement orienté ouest-est. Moins élevée à l'ouest qu'à l'est dans les Pyrénées,
cette dorsale orographique prolongée par la chaîne Celtibérique isole du Golfe
de Gascogne et de l'Aquitaine la Meseta (plateau) et la dépression ibérique
(vallée de l'Ebre). En dépit de sa relative modestie l'altitude est dans la
majorité des cas supérieure à l'épaisseur des AMP (de l'ordre de 1 000 à 1
500 mètres) et forme ainsi une barrière (quasi) continue que l'air froid ne
peut franchir.
- La dynamique aérologique : Les AMP (Anticyclones Mobiles Polaires)
parviennent dans le Golfe de Gascogne en suivant
deux trajectoires principales, d'ouest ou de nord. Dans les deux cas l'air
froid, dense, ne peut que contourner le relief vers le sud, par l'ouest ou
par l'est.
Toutefois, lors du passage au niveau du Pays Basque, lorsque l'AMP est
de forte épaisseur (généralement en hiver), la partie supérieure de l'AMP
(supérieure à 1 000 mètres) se déverse dans la vallée de l'Ebre pour alimenter
le puissant cierzo.
Les modalités de l'interférence entre l'AMP et le relief déterminent la part
plus ou moins importante de l'AMP qui est, soit contenue au nord de l'alignement
sur le Golfe en direction de l'Aquitaine, puis vers la Méditerranée, soit
déviée sur l'Atlantique, ou sur l'ouest de la péninsule (dont l'accès est
malaisé en raison de l'altitude). Un tel exemple de coupure des AMP est offert
par le plateau sud-africain ourlé par le Grand Escarpement qui répartit l'écoulement
de l'air froid dans les basses couches entre les océans Atlantique et Indien.
* La trajectoire américano-atlantique des AMP,
la plus fréquente, de direction générale zonale, est grossièrement de même
orientation que la dorsale orographique : la face avant de l'AMP (front) glisse
ainsi relativement aisément vers l'est, faisant alterner baisse de pression
et attraction du flux de sud (sur)
et hausse de pression accompagnant le flux d'ouest (galleco). Tel a été le cas le 25
juillet 1995 : la "galerne typique", réputée sans front (p. 40), est incontestablement associée à la face avant
(front) de la partie nord d'un AMP, qu'on suit aisément à travers l'Atlantique
les 23 et 24 (cf. BME) et qui est découpé par le
relief galicien le 25 au matin ; le front de ce fragment d'AMP traverse tout
le Golfe au cours de la journée du 25, il se trouve sur l'Aquitaine en fin
de journée, tandis que l'air qui le propulse vers l'est atteint la Méditerranée
dans la journée du 26. La rapidité du déplacement de la face avant de l'AMP
(front), canalisée au pied du relief, est une caractéristique de cette perturbation.
La galerne du 13 mai 2002 est exactement du même type, associée à un AMP de
trajectoire identique, mais plus étendu, une part plus importante de l'AMP
étant retenue au nord du relief, ce qui explique que "l'extension du phénomène" vers le nord sur la côte française
ait été jugée "extrêmement rare"
(cf. site Météo-France).
* La trajectoire scandinave (méridienne directe), moins fréquente mais
plus puissante (AMP plus récent), heurte de plein fouet la dorsale qui divise
en deux branches et dévie l'écoulement de l'air polaire vers l'Atlantique
et vers l'Aquitaine. Une divergence marquée se situe alors au voisinage du
cap Peñas, entre les deux branches d'air polaire. L'interférence
avec le relief est ici plus brutale, les flux sont accélérés et les phénomènes
associés sont plus intenses.
Ainsi, comme la grande majorité des phénomènes météorologiques de nos
latitudes, la galerne n'est pas d'origine locale, mais elle résulte de l'interférence
entre des facteurs géographiques régionaux voire locaux, et des facteurs aérologiques
d'une toute autre échelle, d'origine lointaine, associés à la dynamique des
Anticyclones Mobiles Polaires (AMP). Le passage de la face avant de l'AMP
(ou d'un fragment) explique le caractère pelliculaire de l'air froid et du
front, l'existence de l'inversion qui correspond au sommet de l'AMP, la grande
mobilité, les variations rapides de température, d'humidité, de pression,
de direction du vent, de mouvements verticaux, voire de nébulosité et de pluie.
Phénomène dangereux aux conséquences souvent dramatiques, il est éminemment
souhaitable de la prévoir. Mais ce n'est pas en prétendant "qu'une prévision immédiate des galernes
est maintenant possible" (p. 35), alors que "la situation synoptique favorable"
n'est même pas encore identifiée dans l'article, et surtout pas en espérant
que la solution "sortira" d'un "modèle numérique" (p. 45) fondé sur des concepts erronés,
que des catastrophes nouvelles pourront être évitées.
___________________________________________________________________________
Ci-dessous la conclusion de la 2ème version
- écourtée - adressée à la SMF :
En résumé, comme
la grande majorité des phénomènes météorologiques de nos latitudes, la galerne
n'est pas d'origine locale, mais elle résulte de l'interférence entre des
facteurs géographiques régionaux voire locaux, et des facteurs aérologiques
d'une toute autre échelle, d'origine lointaine. Le passage d'une perturbation
de l'échelle synoptique (ou d'un fragment) explique le caractère pelliculaire
de l'air froid et du front, l'existence de l'inversion, la grande mobilité,
les variations rapides de température, d'humidité, de pression, de direction
du vent, de mouvements verticaux, voire de nébulosité et de pluie. Phénomène
dangereux aux conséquences souvent dramatiques, il est éminemment souhaitable
de la prévoir. Mais ce n'est pas en prétendant "qu'une prévision immédiate des galernes est maintenant possible"
(p. 35), alors que "la situation
synoptique favorable" n'est même pas encore identifiée dans l'article,
et surtout pas en espérant que la solution "sortira" d'un "modèle numérique" (p. 45) fondé
sur des concepts erronés, que des catastrophes nouvelles pourront être évitées.
G - ANNEXE
4 : lettre adressée à Météo-France pour dénoncer
le
LABORATOIRE
DE CLIMATOLOGIE
U.M.R. 5600 du
C.N.R.S.
Climatologie
Changements Climatiques
Professeur
Marcel LEROUX
Lyon, le 23 mars 2002
Monsieur le Directeur de METEO-FRANCE
2, avenue Rapp, 75340 Paris Cedex 07
s/c de Monsieur le Directeur de l'Ecole Nationale
de la Météorologie, 42, Av. G. Coriolis, 31057 Toulouse
s/c de Messieurs J.Y Le Vourc'h,
C. Fons et M. Le Stum
Météo-France, 42, Av. G. Coriolis, 31057 Toulouse
Monsieur le Directeur,
J'ai lu dans
le numéro de février 2002 de "La Météorologie", édité par la Société
Météorologique de France et Météo-France, l'annonce
de la parution de l'ouvrage : "Météorologie
générale et maritime" de Jean-Yves Le Vourc'h
• Claude Fons • Marcel Le Stum,
Cours et Manuels n° 14, 277 p., Ecole
Nationale de la Météorologie (ENM), Toulouse,
Météo-France,
2001 (dépôt légal : 4e trimestre 2001).
Cet ouvrage est désigné ci-dessous
: "ENM14, 2001".
La rubrique "vient
de paraître" de cette revue (p. 75, 8e série, n° 36) présente cet ouvrage
comme "complet, réalisé avec sérieux
... qui... vient à point combler
une lacune dans les ouvrages de météorologie maritime en langue française"
. Une publicité Météo-France d'une
page (p. 100) lui est encore consacrée dans le même numéro de "La Météorologie".
Après l'ouvrage
de Triplet et Roche de 1977, réédité en 1986 et à nouveau récemment (1996),
sans modifications, ce "nouvel" ouvrage, qui reprend tour à tour
les publications "maison", apparaît représenter le nouveau "corps
de doctrine" de l'Ecole Nationale de la Météorologie ... Il mérite donc une lecture attentive, que
j'ai réalisée.
Un examen approfondi
du texte et des illustrations révèle un "saupoudrage" tout au long
du volume qui démontre que mes ouvrages ne sont pas inconnus des auteurs,
tant est net le contraste entre d'une part les parties "traditionnelles"
directement recopiées dans la littérature habituelle de Météo-France,
et notamment dans Triplet et Roche (1977), et d'autre part les passages "innovants",
le plus souvent non référencés.
Mais, et c'est
ce qui motive mon courrier, des plagiats
flagrants apparaissent, notamment dans les chapitres 9 et 12. J'ai ainsi le
regret de porter à votre connaissance les faits suivants :
1 - Chapitre 9 : "La circulation générale", pp. 79-94, in "ENM14, 2001"
Page 83, figure 9.7 : "Circulation
troposphérique intertropicale"
Sous ce titre
(volontairement erroné ?) est présenté un schéma de la circulation générale,
en coupe verticale, du pôle nord au pôle sud, sans référence et sans source
précisée. Ce chapitre contient 27 figures, une seule, la figure 9.7, n'est
pas référencée : elle serait donc, selon l'usage, issue des travaux personnels
des auteurs de l'ouvrage ...
Que signifie
la mention "FC98" (en très petits caractères manuscrits, comme une
"signature") sur la figure 9.7, en bas, à droite, sous l'axe des
pôles ? Dans ce chapitre consacré à la circulation générale, c'est - précisément
- le seul schéma présenté de la
"circulation générale", ce qui montre à l'évidence l'importance
qui lui est accordée par les auteurs ...
- 2 / 5 -
Mais, le schéma
de la figure 9.7 est sans
la moindre ambiguïté une copie de la figure 86 : "Schéma de la circulation troposphérique générale", de Leroux
M. (1980) :"Le climat de l'Afrique
tropicale", Thèse de Doctorat d'Etat, publiée en 1983 par Champion-Slatkine Ed., Paris-Genève
(2 tomes : t. 1 : 633 p., t. 2 : atlas de 250 cartes), ouvrage subventionné
et diffusé par l'Organisation Météorologique Mondiale (Genève). Cet ouvrage
n'est pas cité.
Rien ne manque
sur la figure 9.7 (in "ENM14,
2001"), dans la légende et/ou sur la figure, par rapport à la figure
86 (Leroux, 1983, tome 1 : p. 166) - (cf. Doc. 1.) :
- Tropopause polaire, tropopause tropicale,
- Hautes Pressions Polaires (pelliculaires)
et Basses Pressions Polaires,
- Hautes Pressions Tropicales (structure
caractéristique en "V renversé") et Basses Pressions Intertropicales,
- Les transferts méridiens dans les
basses couches entre HPP et zone tropicale (également représentés par 3 flèches),
- Inversion d'alizé (non dessinée dans
la légende mais présente sur la coupe verticale)
- Les jets d'ouest et sous eux les
mouvements subsidents (également représentés par 3 flèches) ....
Il n'est donc
plus ici question du schéma tricellulaire dit "de
Ferrel" (1856), ou du modèle dit "de Rossby"
(1930), ou du modèle dit "de Palmen" (1951), credos
habituels de Météo-France, la seule référence (partielle) à des cellules
se trouvant à la page suivante (p. 84) : fig. 9.8
sous le titre : "Les cellules de
Hadley (source : Triplet J.P et Roche G., 1977)". Le modèle de circulation
présenté par la figure 9.7 (issu de Leroux, 1980, 1983) ne peut qu'intégrer
le concept des Anticyclones Mobiles Polaires (AMP), qui sont expressément
représentés sur la figure 87 (p. 167) in Leroux, 1983 (cf.
Doc. 2), et symbolisés sur la figure 9.7
in "ENM14, 2001" (exactement
comme sur la figure 86) par des flèches discontinues (exactement le même nombre
que les AMP) dans les basses couches.
Ce modèle de circulation m'est propre, sans conteste.
Il est actuellement le seul à traduire les échanges méridiens, et leurs variations
saisonnières (cf. Doc.
2), ainsi que les variations de l'échelle paléoclimatique
(cf. Leroux, 1993 : Global and Planetary
Changes, 7, pp. 69-93).
Ce modèle de
circulation générale est reproduit dans "La dynamique du temps et du climat", Leroux, 1996, Masson (p.
86 : fig. 18-a et 18-b : Doc. 3, p. 88 : fig. 19, p. 232 : fig. 70 et p. 233 : fig. 72), et
2000, Dunod (p. 91 : fig.
21, p. 92 : fig. 22, p. 93 : fig.
23, p. 269 : fig. 86 et p. 271 : fig.
88), comme dans "Dynamic
analysis of weather and climate", J. Wiley, 1998 (p. 93 : fig. 18-a,
p. 94 : fig. 18-b, p. 95 : fig.
19, p. 271 : fig. 70 et p. 273 : fig.
72).
Est-ce parce
que j'ai souligné l'absence dans les théories "classiques", qui
sont celles de Météo-France, de "modèle cohérent de circulation générale qui exprime la réalité des
échanges méridiens" (Leroux, 1996, 2000), que les auteurs adoptent
(en catimini) mon modèle de circulation générale ? C'est d'ailleurs, il faut
bien le reconnaître, le seul
modèle alternatif actuellement à leur disposition !
( --------------------------------/
--------------------------/
----------------------------/ )
Cela suffit donc
amplement ! Ce n'est pas la première fois que je suis amené à interpeller
votre communauté, en l'occurrence la Société Météorologique de France (SMF)
dont je suis moi-même membre (un membre éminent, n'est-il point ?), SMF qui
n'est qu'une émanation de Météo-France, pour lui
rappeler la déontologie universitaire en matière de publication. Bien que
l'ENM n'appartienne pas, stricto
sensu, au cadre universitaire, elle est aussi tenue surtout en qualité
d'éditeur, au respect de ces règles élémentaires. Ce qui apparaît ici étrange
(comme avec la SMF), c'est que l'Ecole Nationale de la Météorologie ne procède
à une non-application sélective de ces principes
... que lorsqu'il s'agit en particulier de mon nom ! Bizarre, non ? Alors
que cette école me fait "l'honneur" d'enseigner depuis plusieurs
années certains de mes concepts (cf., par exemple
: "Cours de Météorologie Tropicale" de l'ENM,
1992) !
Etant donné le
processus d'appropriation qui apparaît à la lecture de l'ouvrage "ENM14,
2001", processus qui consiste à citer : "document Météo-France", sans
autre précision d'origine, si cet ouvrage demeurait en l'état, il suffirait
par la suite d'utiliser le même subterfuge, pour que, par exemple, mon modèle
de circulation générale devienne le "modèle maison", comme semble
l'être devenue la coupe verticale sur l'Afrique occidentale (fig.
12.7), indûment "récupérée" !
Je vous serais
donc très reconnaissant, Monsieur le Directeur, de bien vouloir veiller, selon
l'usage, à ce que les références exactes
des figures, citations, concepts présentés dans vos publications soient scrupuleusement indiquées, avec
les origines et les dates précises dans le texte et sur les figures
et dans la bibliographie in fine.
Cette manière
de procéder, qui est la moindre des choses dans le domaine scientifique et
qu'il n'est pas habituellement nécessaire de rappeler, aurait d'ailleurs pour
mérite de faire disparaître dans l'ouvrage "ENM14, 2001" des incohérences
dans les raisonnements et dans l'exposé des conceptions, la copie de formules
ou de schémas, voire de concepts nouveaux, exigeant en effet une remise à
jour approfondie. Des pièces sont ainsi rapportées mais non intégrées, et
elles donnent à l'ouvrage une allure de "patchwork". Le responsable
de la rubrique "vient de paraître"
de "La Météorologie" (p. 75, n° 36) s'avance ainsi très imprudemment
lorsqu'il estime hâtivement que : "le
scientifique et l'homme de terrain y trouveront leur compte l'un comme l'autre"
...
Ainsi par exemple (sans exhaustivité) :
-
le schéma de la circulation générale (fig. 9.7 in "ENM14,
2001"), issu de Leroux (1983) n'est pas compatible avec l'origine présumée
des déserts tropicaux : "... conséquences
des zones de subsidence séparant cellules de Hadley et cellules de Ferrel"
selon les auteurs (p. 146, in
"ENM14, 2001") qui font donc ici référence au schéma tricellulaire
(schéma non présenté dans le chapitre adéquat, et "officiellement"
abandonné depuis 1951)
-
( ………………………………………………………………)
Si on considère
d'une part le comportement de Météo-France vis-à-vis
du concept AMP (comportement présenté de façon particulièrement clairvoyante
dans "Sciences et Vie", n° 979, d'avril 1999, pp. 69-73), et d'autre
part la manière rampante de "récupérer" progressivement - mais avec
quelle inertie - les apports extérieurs, il est extrêmement important que
cet ouvrage de l'ENM soit (presque) dès le départ
conforme aux règles de la probité scientifique.
(……………………………………………………………………)
Il est donc temps
de prendre les dispositions indispensables pour que cette évolution se fasse
dans la clarté la plus grande, et dans l'honnêteté intellectuelle qui pour
l'instant - apparemment - ne semble pas avoir cours dans l'édition à Météo-France.
Sous réserve
de suites à donner, je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'expression
de mes sentiments distingués.
M. Leroux
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